II. « Poursuivre le recouvrement d'une créance et mainte
nir ses frontières fermées à l'importation des marchandises étrangères est une contradiction. »
Ces vérités fondamentales, que M. Décamps rappelle avec tant de force et de clarté, avaient été oubliées. Elles contiennent toute une politique d'exécution des réparations. Mais l'application en est infiniment plus délicate que l'application des systèmes qui comportent essentiellement le grand emprunt international — lequel ne ferait que modifier l'apparence du problème sans le résoudre. (Ajoutons que ces vérités s'appliquent non moins heureusement au problème de la liquidation des dettes internationales.)
Mais a-t-on construit un plan en fonction de ces vérités ? Si j'en juge par quelques indices, Je crois pouvoir dire que le plan n'est pas construit. Il ne faudrait pas des semaines pour le construire si l'on voulait bien en confier l'établissement aux dix ou quinze personnes compétentes, qui sont assez indépendantes pour s'abstraire des intérêts particuliers et tout subordonner à l'intérêt national.
Si l'on a eu l'idée du plan, si le plan idéal lui-même est conçu, s'est-on préoccupé de l'exécution, en ce qui concerne la France? Il ne faut pas se dissimuler que l'exécution va heurter un monde d'intérêts particuliers, très respectables,
mais hérissés contre certaines formes des réparations. On ne
fera rien si l'on n'ajuste pas ces intérêts à l'intérêt général, avec le concours même des intéressés, qui appartiennent à l'industrie française, et non pas en intriguant avec les uns contre les autres, mais en posant la question clairement, ouvertement, publiquement. Conclusion, sur ce point, comme sur beaucoup d’autres : I] faut réunir les États géné- Taux.
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