‹ L'état, les finances et la monnaieChapitre 124 sur 309 · EXÉCUTION DE LA MANŒUVRE · texte numérisé non relu

EXÉCUTION DE LA MANŒUVRE

Dès aujourd'hui, nous voyons son aboutissement. Le jeu commence à se dévoiler. Nous vous disons plus haut que toute la manœuvre est de créer des difficultés intérieures par la baisse du franc afin d'amener l'État à l'évacuation de la Ruhr. Ceci dit, veuillez lire ce qui suit :

La C. G. T., qui était endormie depuis des mois et des mois, essaie de reprendre pied à la faveur de l'ajustement des salaires. Elle publie un appel à l'opinion publique et aux travailleurs pour demander la revision des salaires. Rien de plus normal que la revision des salaires dans une période de baisse du franc. L'Union des Corporations, la prévoyant dès le mois de septembre, a travaillé cet automne à la préparer, et, il y a un mois, ses groupements saisissaient les organisations patronales d'un projet d'ajustement des salaires, permettant l'opération sans trouble.

L'U. C. F. a un but économique et national. La C. G. T., pour qui la question des salaires n'a jamais été autre chose qu'un moyen d'agitation, fait du problème actuel un moyen de pression politique, — et de politique antinationale.

L'appel qu'elle publie révèle en effet sa pensée secrète, qu

s'accorde avec la manœuvre contre l'État. La C. G. T. ose écrire :

L'occupation de la Ruhr a provoqué la baisse du franc.

C'est sur ce scandaleux mensonge que l'on veut engager la campagne à propos des salaires. Désormais la manœuvre est claire : on veut faire de l'occupation de la Ruhr la cause de la vie chère, afin de dresser les salariés contre l’action nationale. ( À bas la vie chère ! » prendrait le sens de : (I] faut évacuer la Rubhr. »

C. G. T., tu bourres les crânes ; tu mens, tu mens, tu mens |

Il est absolument faux que l'occupation de la Ruhr ait provoqué la baisse du franc. La baisse du franc, c'est l'œuvre de tes amis et de tes protecteurs du Parlement, et de tous les financiers protecteurs de l'Allemagne.

C'est le moment de rappeler les différentes phases de la manœuvre intérieure contre notre monnaie et nos finances.

La baisse du franc date du mois de juillet 1922 : elle a été due alors aux demandes d'avances de l'État à la Banque de France ; ce mouvement se poursuivit jusqu'aux premiers jours d'octobre. Il y eut arrêt après les déclarations de M. de Lasteyrie contre l'inflation.

À la mi-octobre se place le coup le plus fort qui ait été porté contre la monnaie française : c'est le rapport de M. Bokanowski sur le budget. C'est à ce moment que se produisit la plus forte chute : en un mois, le dollar passa de 13,20 à 16.

C'est de ce moment que date l'incertitude, l'inquiétude, la crise de confiance générale. Tout fut aggravé par le second coup porté à Noël par quelques conjurés de la Commission des finances qui se prononçaient contre le remboursement des avances de la Banque.

Le coup de la Commission des finances était destiné à

marquer, aux yeux du monde entier, une première manifestation de l'insolvabilité de l'État français. Il échoua en partie. Mais le dollar, ramené à 13,50 par les remboursements de l'État, passa à 14,70 dans la première semaine de Janvier.

L'occupation de la Ruhr fit, au premier coup, monter le franc : la veille de l'entrée des troupes françaises dans la Rubr, le dollar était à 14,67 : le jour de l'occupation, il tomba à 14,475.

Une apparente hésitation de la France, exploitée par la finance judéo-allemande, fit passer le dollar, en janvier, jusqu à 16,86.

Mais, apres le blocus effectif de la Ruhr, le dollar revenait a 15,62.

L'affrmation de la C. G. T. est un mensonge :1l est acquis que le déclenchement de la baisse du franc a été causé par les manœuvres intérieures contre le mimistère Poincaré, et que toute action énergique du gouvernement dans la Ruhr raffermit le franc.

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