‹ L'état, les finances et la monnaieChapitre 135 sur 309 · OBSERVATIONS DE M. LUCIEN ROMIER · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DE M. LUCIEN ROMIER

M. Lucien Romier, dans un de ces billets pleins de sens et de bon sens qu'il donne chaque matin à la Journée Industrielle, a présenté à M. de Lasteyrie, avec son habituelle courtoisie, quelques objections parfaitement motivées. Il repousse l'explication de la baisse du franc provoquée par les manœuvres spéculatives, et fait observer que la dépréciation de notre monnaie est une des conséquences de l'in solvabilité de l'Allemagne, attendu que notre budget (qui commande la tenue du franc) est solidaire, par le budget des dépenses recouvrables, de la solvabilité de l'Allemagne « qui, en apparence, diminue de jour en jour }.

« La vérité, conclut M. Romier, est que le franc français a baissé lentement d'abord, à mesure que s’effondrait le mark et que s’aggravait le différend franco-anglais, puis brusquement dès qu'on connut le projet d'emprunt belge en France, projet qui tendait à établir une solidarité monétaire enire les deux allés.»

Nous voici d'accord avec M. Lucien Romier, sauf toutefois lorsqu'il ajoute que les achats de dollars et de livres faits depuis quelques semaines serviront peut-être à atténuer « la poussée saisonmière des devises étrangères, à l'automne ». Personnellement je ne crois pas plus à la poussée saisonnière, chère à M. Theunis, qu'aux { manœuvres spéculatives } de M. de Lasteyrie. La poussée saisonnière, c'est quelque chose comme le serpent de mer. C'est pittoresque, Mals cela n'explique pas grand'chose.

Page 1