‹ L'état, les finances et la monnaieChapitre 139 sur 309 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

JE MVYSTÈRENDE EAN RUE DE RIVOEI

15 septembre 1923.

EXAMEN DES CAUSES QUI DÉTERMINENT LA DÉPRÉCIATION DE LA MONNAIE FRANÇAISE DEPUIS L'AN 1918 JUSQU'A L'AUTOMNE 1923.

EPUIS qu il y a des changes, et qui sautent, les hommes }) ont cherché des explications aux phénomènes de variation qu'ils observaient.

Avant la guerre, ces problèmes n'intéressaient guère que des spécialistes sans communications avec le public. Pendant la guerre, l'oubli des règles monétaires les plus élémentaires a fait commettre des erreurs monstrueuses à la plupart des argentiers des différents royaumes et républiques de | Europe en guerre, qui a été placée dans la même situation que les républiques sud-américaines. Tout l'organisme monétaire a été détraqué, ce qui a été révélé au public par les secousses des changes.

Depuis la guerre, d'innombrables personnes, qualifiées ou non par leur science ou leur bon sens, ont voulu fournir des explications de ces secousses. Comme si l'on prévoyait que la découverte de la vérité aurait des conséquences fâcheuses

pour les hommes qui ont eu la responsabilité de nos finances, le problème des monnaies et des changes a été embrouillé à plaisir. La tendance générale a été de le transformer en mystère. Une rubrique des mystères du change a été ouverte dans la plupart des journaux français.

Il semble que l’on ait voulu couvrir de nuées un terrain sur lequel on a pourtant projeté des flots de lumière, en particulier l'an dernier, avant, pendant et après la Semaine de la Monnaie. On croit comprendre qu'un certain nombre de personnes, parmi les responsables et les bénéficiaires des troubles monétaires actuels, ont le plus grand intérêt à laisser croire au public, et au besoin à lui faire croire, que le problème des changes est un mystère à peu près insondable, que le plus souvent on ny peut pénétrer sans perdre la vue, et qu 1l vaut mieux ne pas chercher à comprendre.

Je rédige cette étude pour montrer, une fois de plus, qu'il n y a aucun mystère dans les changes. Il en est de ce mystère comme de la Lettre volée, lettre si bien cachée que les plus fins policiers renonçaient à la trouver : elle était cachée, en évidence, sous les yeux de tous les visiteurs, ce qui la rendait introuvable. Ainsi du change : son prétendu mystère est

étalé, nu, sous nos yeux ; c'est pourquoi nous ne le voyons pas.

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