‹ L'état, les finances et la monnaieChapitre 144 sur 309 · IMPUISSANCE CONSTITUTIONNELLE DU GOUVERNEMENT CONTRE LA MALADIE · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE CONSTITUTIONNELLE DU GOUVERNEMENT CONTRE LA MALADIE

Avant la guerre, nous souffrions des mêmes maux, mais cela ne se voyait guère parce que nous étions riches. Et notre maladie cachée était constitutionnelle.

Pendant la guerre, elle s'est aggravée. Après la guerre, elle s’est déclarée avec violence. Pendant la guerre, parce que les gouvernements qui se sont succédé n'ont pas osé deman-

er à l'impôt ce qu'ils demandaient à l'emprunt. Apr s la guerre, parce qu'ils n'ont pas eu le courage de dire la vérité au pays ni de lui demander carrément les sacrifices nécessaires, inévitables.

Mais pourquoi ont-ils manqué de courage fiscal pendant et après la guerre?

C'est ici que nous découvrons le vice conshtutionnel :

Tout le mal vient de ceci que les gouvernements successifs, agissant pour le compte des Cliambres successives, n'ont pas voulu compromettre la réélection des députés et des sénateurs ni la leur propre. Tout parlementaire qui aurait proposé ou appuyé les mesures propres à notre redressement financier rapide aurait été certain de n'être pas réélu. Et remarquez bien que ce n'est pas absolument à cause de l'électeur, c'est surtout parce que l'adversaire, candidat lui-même, aurait démontré à l'électeur que les sacrihces exigés étaient trop grands. Or, l'électeur est toujours disposé à croire qu'il donne trop à l'État, surtout quand des gens importants le lui disent.

Vous pouvez examiner le problème sous toutes ses faces : vous n'arriverez pas à d'autres conclusions. Une seule cause

à tous nos maux : elle est constitutionnelle, elle est politique Pourquoi a-t-on procédé à la reconstruction des sl dévastées à grands frais, à trop grands frais? Parce que députés et sénateurs voulaient s'assurer des électeurs dans le Nord et l'Est de la France.

Pourquoi, alors que l'on faisait une politique financière

reposant sur les paiements allemands, n a-t-on pas employé

les moyens d'exiger ces paiements ?

Parce que l'ensemble des députés et des sénateurs n'ont pas voulu compromettre leur réélection en demandant au

pays l'effort nécessaire.

Pourquoi, sachant que l'on aurait un gouffre financier,

sachant que les espoirs de paiements allemands s'évanouisn'a-t-on pas dit la vérité au pays? Parce

que c'eût été l'aveu de l'erreur et la non-réélection. Pourquoi, sachant que la situation financière nous mène à la catastrophe, continue-t-on d'organiser des dépenses sans aucune contre-partie en recettes ? Pour gagner des élec: teurs, ou, plus justement; pour enlever des armes au concur-

saient au jour lejour,

rent électoral. | ia ; Le mal vient de l'élection. Constitutionnellement, Je ne

vois pas le moyen d'en soti.

Or, sachez que la plupart des députés et sénateurs et la ’

plupart des membres du gouvernement us exactement comme le signataire de cette chronique: t leur angoisse est grande, parce qu'ils connaissent le dilemme où ils sont enfer- , G à , més et qu'ils sont conduits, Par deux.VOIes, 4 la mort: Ouilsd nderon sacrifices nécessaires et ils u ils dema réélus ; .

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réélection, ils auront toutes les audaces. Les malheureux, ils ne les ont pas eues au lendemain de la victoire ! Comment les auraient-ils en 1924? Et sont-ils sûrs que la crise n’éclatera pas avant les élections?

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