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Sa valeur change selon que l'État apparaît bon ou mauvais débiteur.
Si l’on apprenait que l'État va rembourser demain toutes les avances que la Banque lui a faites, le franc vaudrait instantanément un franc en or (ce qui causerait d'ailleurs une belle perturbation dans toute l'économie).
Si l'on apprend que l'État ne remboursera jamais les avances de la Banque le franc tombe instantanément à 4 sous (et même un peu au-dessous).
La valeur du franc dépend donc entièrement de la puissance de remboursement de l'État. Or, depuis dix-huit mois, les événements politiques ont fait naître mille doutes sur les intentions et la capacité de remboursement de l'État.
Si vous voulez vous rendre compte de l'effet de ces événements politiques, voyez-les sur le graphique que l'on a | donné page 326 et qui donne la courbe du dollar de juin 1922 à août 1923. |
De juin à septembre, reprise par l'État des capitaux déposés à la Banque ;
Octobre, bruits d'inflation ;
Novembre, rapport de M. Bokanowski laissant prévoir les plus grands embarras financiers pour l'État ;
Janvier, conséquences du non-remboursement intégral de 2 milliards à la Banque de France ;
Février-mai, amélioration venue de l'occupation de la Rubr ;
Juin-juillet-août, effets des élections partielles ( à gauche » faisant présager des élections générales { à gauche » ; faiblesse du Sénat devant les communistes ; prolongez la courbe qui porte le dollar au-dessus de 20 en janvier et vous obtenez :
Septembre-octobre-novembre, petite montée du dollar correspondant au bruit persistant d'élections à gauche ;
Décembre, brusque baisse du franc, venue de l'annonce qu'il ne sera pas fait de remboursements à la Banque et que, à la suite des exigences des fonctionnaires, l'État va être acculé à l'inflation ;
Janvier : nous dépassons vingt. Pourquoi? Le ministre dit et fait dire : c’est un coup de l'extérieur ; cela vient d'Amsterdam, de Prague et de je ne sais où. Minute : nous en dirons un mot tout à l'heure.