‹ L'état, les finances et la monnaieChapitre 173 sur 309 · LES BÉNÉFICIAIRES DE LA BAISSE DU FRANC · texte numérisé non relu

LES BÉNÉFICIAIRES DE LA BAISSE DU FRANC

E dollar monte. Le franc baisse. Le prix de la vie s'élève. Les revenus de l'épargnant diminuent. La ménagère ne sait plus comment faire son marché.

L'ouvrier voit la valeur de son travail diminuer de semaine en semaine. L'industriel, le commerçant voient fondre leurs créances. L'agriculteur voit monter le prix des engrais et des machines. Le propriétaire voit baisser de terme en terme la valeur de ses loyers. L'État voit son trésor se vider.

Mais qui s'enrichit dans cette ruine générale?

Le financier, l'homme de l'argent.

Le moment est venu de dénoncer ce péril, et de coaliser le producteur, l'épargnant, le combattant contre l’homme qui s'enrichit de leurs dépouilles.

Dans la crise où nous sommes, les gens à courte vue essaient de dresser les Français les uns contre les autres : gens des villes contre paysans ; ouvriers contre patrons : industriels contre commerçants ; agriculteurs contre industriels.

On ressuscite le mercanti pour le charger de tous les malheurs de la nation. On accuse l'insaisissable spéculateur d'Amsterdam. On accuse l'industriel de laisser ses avoirs à l'étranger. On accuse le commerçant de mettre ses prix au cours d'après-demain. On accuse l'ouvrier d'exiger des salaires trop élevés.

Personne ne dresse l'acte d'accusation de la finance.

Nous le dressons, et nous disons : la finance, dans son ensemble, est la grande bénéficiaire de la baisse du franc.

Voulez-vous en voir les signes matériels ? ouvrez les yeux, regardez autour de vous, dans toutes les villes de France : vous verrez combien d'immeubles somptueux ont été occupés par les banques depuis quelques années ; combien de succursales ont été créées ; combien de bâtiments nouveaux ont été construits, combien de banques nouvelles, françaises ou étrangères, se sont fondées ou ont créé des agences en France.

La France est plus pauvre qu'avant la guerre. Elle produit moins, Mais la banque grandit alors que la quantité de travail a diminue. Expliquez cette contradiction : elle ne s'explique que par le transfert d'une partie de la fortune et du produit du travail français entre les mains des banques.

Il faut dire comment s'opère ce transfert, et l'on sa alors pourquoi, dans son ensemble, la finance est hostile aux mesures d'assainissement monétaire,

Il est évident que le producteur et l'épargn grand intérêt à la stabilisation du franc.

Il faut savoir que la finance, en généra rêt contraire.

Ce n'est pas là une simple aff an, et surtout depuis plusieurs mois, les producteurs chers

Le : 5 ei. chent un remède à l'instabilité monétaire. Ils l'ont trouvé ; ils ont trouvé le seul qui existe, une monnalé de compte

urà

ant ont le plus ], se connaît l'inté-

rmation : depuis près d'un

stable, qui est le franc-or. Il n’y en a pas d'autre, et c'est le remède qui garantirait tout le monde contre l'instabilité monétaire, et qui permettrait à l'État de faire sa réforme financière.

Qui leur fait opposition? La finance.

Dans une réunion récente, au moment où la majorité des producteurs présents se déclaraient favorables à l'application du franc-or, seul le Syndicat des banquiers se déclara résolument hostile, sans discussion, à toute mesure de cet ordre.

Quelques semaines plus tard, M. de Lasteyrie prenait le même parti que les banquiers et déposait un projet de loi interdisant aux Français l'honnêteté dans leurs rapports entre eux, afin de les obliger à se laisser dépouiller par les gens de finance.

Ainsi le politicien et le financier sont alliés contre le producteur et l'épargnant qui veulent défendre leur travail et leur avoir.

C'est pourquoi l'épargnant et le producteur doivent s'allier contre le financier et le politicien. Et le combattant entrera dans l'alliance, lui qui s'est battu pour les champs et pour les foyers et non pour que le règne de la finance arrive.

Page 1