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CONTRE LES POLITICIENS ET LES FINANCIERS

Car « la bataille pour le franc » n'est pas terminée. Il est absolument certain que l'action enfin entreprise a été surtout engagée en vue des élections. La pression que nous avons exercée n'a pas été étrangère aux décisions prises. Mais on a surtout redouté que la question de régime fût posée au cours d'élections faites dans la grande bousculade

monétaire. Les élections faites, on se reposera. Et l'on attendra une nouvelle rafale pour s’'émouvoir. Or il ne faut pas se faire d'illusions : si, pendant le calme que donne la remontée du franc, on ne fait pas toutes les réformes politiques et financières qu'exige la situation, le franc redescendra la pente. Le barrage effectué ce mois-ci n'aura servi qu'à traverser la période électorale. Il faut que nous continuions d'exercer la pression que nous exerçons depuis deux ans, et qui n'a pas été inutile puisque, entre autres résultats, elle a aidé M. Bokanowski, qui était inflationmiste limité 1l y a deux ans, à devenir un des plus ardents défenseurs de la monnaie saine.

Il ne faut pas ralentir notre effort pour la saine monnaie, Nécessaire en temps de dépréciation, il est non moins utile en temps d'appréciation de la monnaie. Les politiciens et les financiers font leurs affaires dans l’un et l’autre temps. Il faut que les producteurs aient leurs défenses organisées. En période de dépréciation comme en période d'appréciation, les producteurs passent sous la coupe des banques. En temps de dépréciation, par l'épuisement rapide de leurs fonds de roulement. En temps d'appréciation rapide, par l'arrêt des affaires et la vente à perte.

Dès que la monnaie est en hausse, les prix tendent vers la baisse. On n'achète plus. Il y a mévente. Les frais généraux demeurant les mêmes, les entreprises sont en déficit. Mais il y a plus : tous les contrats ayant été passés en monnaie faible, aux prix les plus hauts, les paiements doivent être faits, au même nominal, en monnaie forte : or, les marchandises ne ne pouvant être vendues qu'avec des prix baissés, l'industriel, le commerçant ne récupèrent pas, par la vente, les sommes nécessaires au paiement de leurs achats. Ils sont alors obligés de s'adresser aux banques ou de faire faillite.

Or ces désastres ne se produisent qu'en vertu d'une fic-

tion : l'égalité de la monnaie forte et de la monnaie faible. Il n'y a point d'autre défense que la dénonciation de cette égalité trompeuse, par l'application de la monnaie de compte stable. Nous demandons le franc-or pour nous défendre contre la dépréciation comme créanciers. Nous le demandons pour nous défendre contre l'appréciation comme débiteurs.

Un certain nombre d'industriels et de commerçants se plaignent actuellement de la remontée du franc qui ouvre une crise économique. Il serait fou de limiter la remontée du franc à cause de ces plaintes. Mais il faut donner aux producteurs le moyen de traverser la crise sans se ruiner, et de coopérer eux-mêmes à la revalorisation du franc. Faites appliquer le franc-or : les prix en francs-papier sont immédiatement débloqués. Le pouvoir d'achat du franc-papier est augmenté. La revalorisation est accélérée. Le mouvement des affaires reprend normalement.

Le complément nécessaire d'une politique financière tendant à l'assainissement, c'est une politique économique favorisant la production. Or la production ne peut se développer dans un régime monétaire où l'instrument de mesure des valeurs varie sans cesse dans un sens et dans l'autre.

Il nous faut une monnaie saine. Le parlementarisme a avarié notre monnaie et nous a livrés par là à la finance, qui gagne à la hausse et à la baisse. Producteurs, épargnants, combattants, délivrons-nous du parlementarisme pour nous libérer en même temps du parasitisme des politiciens et du

règne des financiers.

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