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INTRODUCTION XXXVII

le propre des capitaux est d'être investis en travaux, machines et maisons, c'est-à-dire en choses non mobilisables parce qu'elles font corps avec le sol. La nation possède comme capital disponible son stock-matières et son stock de produits fabriqués sur lesquels l'Etat ne pourrait faire de prélèvements sans provoquer la plus formidable des crises économiques. Il reste ensuite le capital en fonds de roulement disponibles qui est exactement égal au montant des billets en circulation, lesquels sont nécessaires aux échanges de chaque jour. Tout ce que la nation peut immobiliser en faveur de l'État, dans le mois où on le lui demanderait, c'est une somme d'’environ 10 milliards de francs à 5 sous. Si on lui demande 100 ou 50 milliards, elle n'a absolument aucun moyen de les donner.

L'impôt sur le capital est une impossibilité ; la chose possible serait un impôt proportionné au capital, mais 1l ne rendrait qu'une dizaine de milliards et serait en sommeinopérant.

Au surplus, à quoi serait destiné le produit de l'impôt sur le capital? À amortir d'un seul coup une grosse partie de la dette de l'État, donc à rembourser les capitalistes. Il n'y a rien de plus cocasse que cette idée des socialistes d'un impôt sur le capital pour rembourser les capitalistes. C'est proprement idiot. Mais cela ne peut être tenu que pour une plaisanterie de mauvais goût lorsque l’on se rend compte que, les disponibilités en objets et numéraire n'existant pas dans la nation, un impôt conçu comme celui que proposent les socialistes serait, en fin de compte, payé en titres de rentes et en bons de la Défense ; il n'y a aucun moyen de le payer autrement. Mais ce n’est plus un paiement en capital, c'est un paiement en titres de revenus. Ce n'est pas une remise de capital, c'est un abandon de revenu. En d'autres termes, c'est une réduction des rentes, ou une conversion forcée. L'impôt sur le capital n’est en définitive rien d'autre qu une conver-

sion forcée. Les projets Monzie, déposés en 1925, n'étaient pas autre chose. Le terme t impôt sur le capital » n’est là que pour les besoins de la démagogie et pour permettre un inventaire des fortunes, grâce à quoi les partis socialistes exerceraient une pression violente sur les Français. Ecartons cette stupidité, et passons aux choses sérieuses.

La brève analyse que nous venons de faire nous ramène au problème central :

Les Français ne peuvent vraiment aider l'État, dans les circonstances présentes, qu'en lui abandonnant une part des revenus qu 1l leur sert.

L'État, d'autre part, ne demande pas autre chose : le problème pour lui n'est pas un problème de capital, c'est un problème de charges annuelles : il a vingt milliards à payer par an, c'est beaucoup trop. Il faut qu'il réduise cette charge.

Or, il s'est follement engagé à ne jamais la réduire, ce qui était au moins imprudent. S'il procède à une conversion brutale, ce sera la banqueroute. Il faut trouver une solution élégante, et qui soit aussi voisine que possible de la justice.

On remarque que :

Tandis que le problème est un problème de charges annuelles pour l'État, c'est un problème de capital pour un très grand nombre de Français.

La solution sera donc de faire une opération qui diminuera les charges de l'État et qui reconstituer le nominal des porteurs. L'opération, qui a l'air paradoxale, est parfaitement facile sous la forme de l'emprunt-or de consolidation par lequel on remet à des porteurs de titres-papier à 5 ou 6 %, des titres-or à 3 % dont le nominal-or est égal à la valeur-or

actuelle du nominal-papier des titres.

En d'autres termes, un porteur possédant 24 francs de rente dont la valeur nominale est de 400 francs, qui valent

264 francs papier qui équivalent à 66 francs-or (avec le.

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