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CAUSES DE LA BAISSE ACTUELLE DU FRANC

Elles sont exposées dans ce qui précède. Le succès électoral du Bloc des gauches signifie — c'est de notoriété publique — : augmentation des dépenses de l'État, diminution des recettes. Les personnes prudentes disent : attendons le nouveau gouvernement à l'œuvre. Volontiers. Mais ses promesses sont encore sur tous les murs. L'étranger qui possède des francs n'est pas accessible aux raisons sentimentales qui peuvent toucher un Français. Devant la menace de mauvaise gestion qui est étalée dans les programmes électoraux du parti qui arrive au pouvoir, il tente de passer aux Français les créances qu'il possède sur l'État. Et le franc baisse, traduisant la baisse de confiance des porteurs de

francs.

Il ne faudrait pas croire que l'on rectifiera ce mouvement par une manœuvre reproduisant celle du 10 mars, donnée avec le concours des crédits américains.

La manœuvre du 10 mars avait un pivot politique, le redressement de la politique financière du cabinet Poincaré. Si l'on a pu battre tous les financiers qui s'étaient engagés sur la baisse du franc, ce n'est pas parce que l’on a utilisé les crédits américains ; mais on a pu utiliser les crédits américains pour renverser la situation parce que l'on a pu donner la certitude dans le monde entier que le crédit de l'État français était relevé par les mesures financières du cabinet Poincaré. Sans cette certitude, on aurait usé les crédits américains en pure perte et, même, il n'y aurait pas eu de crédits américains du tout.

La bataille a été menée non contre la spéculation étrangère, mais contre la mauvaise politique financière du cabinet. La spéculation étrangère, qui s'était engagée à fond d'après les données de cette mauvaise politique, a été battue par un renversement politique. Les crédits américains n'ont été qu'un moyen. Îls n'ont pas été la cause.

Dans la situation présente, si on en dispose encore, ils seront inutiles si l'on revient aux folies lasteyriennes. Et il est probable, sinon certain, qu'ils se déroberont. On ne trouverait pas de banquier assez fou pour s'engager à jeter des dollars ou des livres dans un gouffre.

LE DILEMME De deux choses l’une :

Ou M. Herriot, s'il prend le gouvernement, tiendra compte de ces vérités, et 1l sera contraint de reprendre la

politique financière inaugurée en mars dernier. Il faudra qu'il conserve le double décime, l'impôt sur le chiffre d'affaires, les décrets-lois, ete. Mais il gouvernera contre le programme du Bloc des gauches, et il est vraisemblable qu'il ne se maintiendra pas longtemps au pouvoir ;

Ou M. Herriot dédaignera ces vérités, ou trouvera la loi des gauches plus forte que la vérité, et il entrera dans les folies financières affichées sur les programmes électoraux. Il supprimera l'impôt sur le chiffre, le double décime ; il augmentera les fonctionnaires, les pensions, etc.. Alors, avec une rapidité foudroyante, le franc baissera, la crise de trésorerie se renouvellera, et le recours à l'inflation nouvelle se produira, et on ne pourra plus l'arrêter. Alors, nous entrerons dans une effroyable crise de vie chère, comme celle que l'on a connue en Autriche et en Allemagne. Et M. Herriot et ses successeurs, et tous les hommes du Bloc des gauches seront emportés par le mécontentement général.

À ce moment, il faudra trouver le moyen d'instaurer une politique nationale, ou périr. Tous les moyens du parlementarisme auront été épuisés. Le pays ne trouvera plus devant lui que deux solutions extra-parlementaires, celle de l'Action française et celle du communisme. Vous pensez bien qu'il ne reviendra pas au Bloc national qui a fait la preuve de son impuissance totale. Je ne pense pas une minute quil ira au communisme. Mais il n'ira à aucun parti dit bourgeois. Il commence à percevoir que les partis de la démocratie bourgeoise sont impuissants à gouverner. Ceci vaut des explications qui ne tiennent pas en trois lignes. On les trouvera dans mon ouvrage la Révolution Nationale.

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