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LE SPHINX DU CAFÉ DE MAMERS

En dehors de cette idée, qui n'a aucun intérêt pratique pour l'actuel problème financier, Joseph Caïllaux est d'une discrétion remarquable sur les quelques moyens que l'intelligence peut découvrir pour assainir la vie monétaire et financière de la France. Il est singulièrement à court d'idées, et cela se voit. Îl s’en tire à la manière des joueurs de manille du café du Commerce que l'on consulte sur les grands problèmes de l'Etat. Il prend un air profond, se réserve, et déclare qu'il aura grande considération pour les propositions qui sont faites. Sa prudence est alors du plus haut comique. Voulez-vous un exemple :

« Trop avisés cependant pour ne pas comprendre les dangers qu'impliquerait une déflation indépendante d'une

transformation complète du régime économique de l'Europe,

les hommes de jugement sain se bornent à proposer une stabilisation des changes que diverses méthodes, telles que la valorisation de l'or, le retour au bimétallisme, la création d'un institut européen absorbant les banques d'émission ou

se superposant à elles, émettant des billets ayant cours légal

sur tout le continent, pourraïent assurer. Solutions entre lesquelles il est délicat de faire un choix, — solutions qui réclament une étude attentive. »

C'est Joseph Prudhomme qui reparaît. Il n’a pas d'idées ; il se dérobe derrière sa prudence et sa modération.

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