‹ L'état, les finances et la monnaieChapitre 224 sur 309 · LE TRUBLION · texte numérisé non relu

LE TRUBLION

Je demande où l'on peut trouver dans tout cela, je ne dis pas un grand financier, mais un financier tout court. Je vois bien un homme qui désire le pouvoir avec une âpreté extraordinaire, qui est d’une prolixité exaspérante lorsqu'il s’agit de crier contre les oligarchies qui entravent son action (et quelle colère factice !), mais Je ne trouve pas de financier. Je répète que Caillaux vit sur une réputation usurpée.

Au reste, il faut rappeler que le problème qui est posé à la France nest pas financier, mais politique d'abord, économique ensuite ; 1] faut que la politique crée les conditions favorables aux producteurs, que les producteurs se donnent les moyens d'accroître la prospérité pour que les finances recueillent un fruit plus abondant.

C'est le pouvoir politique que désire Joseph Caillaux : or sa politique, telle qu on peut l'entrevoir dans son obscur Programme, est exactement celle qui engendrerait, avec les désordres civils, le désordre économique, ce qui rendrait radicalement impossible tout assainissement financier. De toutes ses prétentions, il n'y en a vraiment qu’une qui tienne : sa prétention au pouvoir, mais sans justification. Cela ne suffit Vraiment pas pour soutenir l'agitation que quelques hurluberlus essaient de créer sur son nom. Qu'on cesse donc de le présenter comme financier, et si l’on veut en faire l'homme

de la paix, 1l faudra nous rappeler les petits vers d'Anatole France, car on le dit très méchant et l'on raconte qu'il ferait fusiller Briand dès son arrivée au pouvoir :

Trublion, ma petite outre, Si tu veux la paix vraiment, Commence par nous la f...

Page 1