A LA BANQUE DE FRANCE M. ROBINEAU S'EN IRAIT-IL
Le bruit s’est répandu vendredi, à la Bourse et dans les couloirs de la Chambre, du prochain départ de M. Robineau, gouverneur de la Banque de France. Il serait question, pour le remplacer, d'une jeune ambition qui collabore en toute intimité à ses côtés.
Nous connaissions depuis quelque temps déjà cette intrigue et nous n'ignorions pas les hautes influences juives qui l'avaient prise sous leur patronage. Si nous n'en avions pas encore parlé, c’est simplement parce que nous hésitions à croire qu en un pareil moment le gouvernement de M. Herriot commettrait la sottise d'ouvrir une succession de cette importance, même sur la sommation de M. Blum, porte-parole offciel d'une colonie dont nous avons souvent, ici, dénoncé les méfaits. Si le bruit dont nous nous faisons l'écho, sous toutes réserves, est sans fondement, un dé-
menti s'impose, et tout de suite. S'il ny a pas de démenti, il faut qu'il y ait une explication.
Le pays a le droit de savoir quelle politique monétaire on lui prépare ; il a le droit de savoir si le Cartel des Gauches a résolu de dessaisir la Banque de France au profit d'un groupe d'écumeurs de l'épargne française dont on a pu juger, ces temps derniers, les prouesses sur le marché des valeurs ; s’il est vrai, comme on l'assure, que ces écumeurs ont trouvé des complicités à la Banque de France, une des rares choses qui aient échappé, jusqu'ici, au régime de corruption que nous vaut la République du 11 mai : sil est vrai, enfin, que M. Robineau soit invité à céder sa place Pour avoir voulu opposer quelque résistance aux fantaisies de la Banque de Paris et des Pays-Bas.
ar la même occasion, le gouvernement pourrait peut-être nous dire pourquoi M. Jacquin, conseiller à la Cour des comptes, a été appelé à devenir conseiller financier de la... Banque de Paris et des Pays-Bas, afin qu'un mouvement pût être fait, et que M. de ouy puisse être enlevé à la direction du mouvement général des fonds.
Ce mouvement aura-t-1l une suite et la Banque de Paris et des Pays-Bas donnera-t-elle bientôt au Cartel des Gauches un nou- Veau ministre des Finances > On chuchote en Bourse le nom du successeur de M. Clémente]… Espérons que, d'ici là, il ne se Sera pas cassé les reins |!
Le départ de M. Robineau, c'était, dans les circonstances actuelles, un événement catastrophique, surtout si son successeur devait être un homme dont les relations avec Finaly, Blum et Auriol sont connues. La présence de M. Robineau à la tête de la Banque de France, c'est une sécurité pour le travail et l'épargne français. Cela veut dire, en particulier : pas d'inflation ; pas de crise économique artificielle. Nous avons d'excellents amis qui ne manquent jamais de nous faire observer GUEAVSRobmeantestiliemme dieonte Mascuraud et qu'il a été contre nous à propos du franc-or. (C est vrai ou c'est faux ; mais cela ne nous occupe pas. Ce AU nous occupe, c'est que le départ de M. Robineau signifie-
rait : crise économique terrible et inflation à bref délai.
On assure que M. Robineau ne songe pas à déserter son poste à une heure aussi difhcile, et qu'il n'a jamais été question de lui retirer sa place pour quelqu'un qui serait plus dévoué que lui aux commanditaires financiers ou politiques du Cartel. Nous prenons acte du démenti publié. Tant mieux si le franc n'est pas, comme on pouvait le craindre, livré aux intrigues et aux rivalités des détrousseurs de l'épargne française. Mais le péril n'est pas écarté. Pour vous en rendre compte, 1] faut que vous sachiez le caractère de la manœuvre que préparait l'opération tentée contre la Banque de France. Nous allons retrouver M. Horace Finaly.
Premièrement, sachez que M. Finaly fait parfois figure de serviteur de l'intérêt public :
[Il y a quelques semaines, la rente dégringolait. M. Finaly s'offre pour la soutenir. Il vend le portefeuille de titres français de la Banque de Paris (et cela représente un sérieux paquet) et il achète de la rente. Voilà le marché cassé, les valeurs industrielles à la débandade, et la Banque de Paris en possession d'un énorme paquet de rente. Elle veut alors se faire décharger par les banques, peu empressées à faire cette opération, dont le bénéfice demeurera à la Banque de Paris, laquelle rachètera, avec ses nouvelles disponibilités, des titres en baisse. Au premier coup, voilà une opération qui vous a un petit air patriotique ; à la fin, vous voyez qu elle devient une assez belle rafle sur le marché, au détriment de l'industrie, des porteurs de titres, et des confrères de la Banque. J'ai à peine besoin de vous dire que ce coup magnifique a coalisé les épargnants, les industriels et la plupart des banquiers contre la Banque de Paris.
Deuxièmement, la manœuvre continue :
L'emprunt a réussi médiocrement. Les embarras de trésorerie de l'Etat continuent d'être grands. Les besoins moné-
taires de l'industrie seront sérieux à la fin de l’année. Du coup, on se trouve devant les plus graves difficultés monétaires, car la limite d'émission est atteinte. Le spectre de l'inflation apparaît. Alors, M. Horace Finaly reparaît sous son aspect d'homme dévoué au bien public : Pas d'inflation, commande-t-il. Et cela est satisfaisant.
Mais aussitôt il propose une hausse croissante du taux de l'escompte de la Banque de France. Ce qui signifie : resserrement des crédits bancaires à l'industrie privée; obligation pour l'industrie de se libérer en vendant à perte : arrêt de la produclion et chômage ; crise économique et sociale.
Voilà le premier résultat, et le second, c'est la liquidation d'un certain nombre d'entreprises rachetées à vil prix par l'établissement financier qui organise l'opération.
Et ne croyez pas que M. Horace Finaly agisse sans prévoir ces résultats. C'est très consciemment qu'il travaille à préparer une crise qui ruinerait on ne sait combien d'industriels et qui jetterait sur le pavé des millions et des millions d'ouvriers…
& un moment où l'émeutier serait prêt à denter l'offensive contre la France.
On est donc en droit de se demander si les mouvements révolutionnaires, qui ont contribué à faire baisser les valeurs, appuyaient une rafle financière, ou si les rafles financières, qui aboutissent aux troubles économiques, au chômage, pré- Parent les mouvements révolutionnaires.