LES GÉNÉRATIONS DE LA DÉFAITE
Cette imprévoyance, cette absence de sens national, cette impuissance à surmonter de malheureuses difficultés financières, comment les expliquer? Par la pression des socialistes? Oui, mais comment expliquer qu'un Herriot, un Clémentel subissent cette pression? À cause d'une parenté intellectuelle? C’est certain. Mais ce n'est pas une explication suffisante dans la grande difhculté où nous sommes.
Tout s’éclaire si l'on considère que l'équipe qui nous gouverne est la dernière des générations de la défaite. Elle n'a pas foi dans les destinées de la France. Elle admet que Ja France est une nation de second, et même de troisième ordre. Elle a passé à côté de la guerre, sans comprendre les prodigieuses Les radicaux et même les
facultés de rajeunissement du pays.
ui l'ont comprise ont le
socialistes qui ont fait la guerre ou q sentiment de la grandeur nationale. Les autres ne l'ont point. Ils ont l'esprit de la défaite ; ils se suicident aujourd hui
SN REEET
exactement comme M. Poincaré, qui avait au fond de luimême le même esprit, un peu modifié par l'esprit de la résistance. Mais ni les uns ni les autres n'ont cet esprit de la victoire qu'il est absolument nécessaire d’avoir pour triompher des difficultés présentes.
Les générations de la défaite sont incapables de gouverner le pays. Même financièrement. Pour oser la rude politique financière qui est aujourd'hui nécessaire, 1l faut concevoir les possibilités qu'offre un pays en croissance. Il faut penser que le pays est en plein développement, en plein rajeunissement. Il faut escompter l'effort de création de demain. Il faut avoir foi dans son pays. La politique financière d'un jeune homme ardent ne peut être la même que celle d'un vieillard fatigué. L'homme jeune engage résolument l'avenir; il sait que sa force le libérera en quelques années. Le vieillard ne peut que toucher à son capital, quil sait ne pouvoir renouveler. Le bloc des gauches, avec son projet absurde d'impôt sur le capital, se conduit comme ce vieillard. Sa politique est une politique de vieillard. Mais c'est parce qu'il regarde la France comme une vieille personne qui a fini sa course dans le monde.