UN GOUVERNEMENT DÉSHONORÉ
M. Herriot et M. Clémentel ont menti au Sénat de telle manière qu'ils sont complètement déshonorés. Lorsqu'ils proclamaient leur horreur de l'inflation, il y a dix Jours, ils étaient déjà en pleine inflation.
Lorsqu'ils afñirmaient que les 4 milliards d'augmentation de billets étaient nécessaires au commerce et à l'industrie, ils mentaient effrontément. Ils savaient qu'ils avaient déjà mangé 2 milliards pour le Trésor, et que les deux autres milliards étaient pour le Trésor et pour les élections.
Un président du Conseil produisant à la tribune du Sénat des mensonges de cette dimension a perdu toute autorité. Il ne peut plus représenter le pays. :
Rendons justice à M. Clémentel : au Sénat, la semaine dernière, il n’a pas pu persévérer dans le mensonge. À sa
deuxième intervention, il avouait les besoins d'argent du
Trésor.
Mais M. Herriot s’est engagé à fond dans le mensonge. Et ses mensonges ont rendu évidente sa prodigieuse fourberie. Il est bête et ne comprend pas grand'chose aux finances de l'Etat. Mais il s'est montré plus fourbe encore.
Ses mots sur le (christianisme des banquiers ), sur le ( parti des riches », sur la haute banque qu'il disait contre lui, ce n'était pas seulement l'expression de sa sombre bêtise, c était l'expression de sa fourberie profonde. Cela préparait la manœuvre amorcée au Sénat la semaine dernière. Il faisait demander 4 milliards pour les besoins du commerce et de l'industrie : si le truc avait réussi, plus tard, dans un mois ou deux, l'inflation et ses maux commençant à faire crier le pays, il aurait plaidé non coupable, il aurait mis l'inflation au compte des producteurs et de la Banque de France. Ainsi eût été caché le jeu que mène depuis un an son protecteur, le financier du Cartel, M. Horace Finaly, qui pousse le gou-
vernement à l'inflation pour exécuter ses grandes rafles sur l'épargne et le travail. Le régime parlementaire n'avait pas encore produit d'homme incapable ayant une telle capacité de mensonge et de fourberie.