‹ L'état, les finances et la monnaieChapitre 26 sur 309 · MESURES ( ÉNERGIQUES } CONTRE LA VIE CHÈRE · texte numérisé non relu

MESURES ( ÉNERGIQUES } CONTRE LA VIE CHÈRE

baisse des prix. Mais combien coûte ce procédé ? Nous demandons comment sont établis les prix de vente pratiqués dans les baraques? Les frais généraux des baraques, les loyers et les impôts théoriques, l'amortissement des frais d'établissement sont-ils couverts par la vente? Fait-on entrer, dans les frais généraux, tous les frais de transport des produits par chemins de fer, camions, et la part de frais propre aux services d'État qui collaborent au fonctionnement des baraques? Trouve-t-on, dans les opérations, le bénéfice sans lequel aucune institution, privée ou non, ne peut vivre, se renouveler, supporter les mauvais jours? Sans avoir vu les bilans des baraques, nous pouvons, sans trop de téménité, parier à cinq contre un que les prix qui y sont pratiqués ne comportent pas fous les éléments que nous venons d'énumérer. Dans ces conditions, la vente par les baraques doit grever le budget de l'État d'une charge nouvelle qui sera, en dernière analyse, payée par les consommateurs que nous sommes. Mais disons encore que ce ( truc » est bon, tant quil n'est conçu que comme un moyen de pression sur le commerce libre. Au delà, c’est le danger. Que l’on multiplie les baraques (dans quelles limites 2) et l'on entre dans le grand service d'État, on glisse vers le monopole,et les défauts que nous venons de signaler (qui sont presque vertus dans le fonctionnement accidentel) deviennent les pires vices. Vices accrus par le terrible vice des institutions d'État, le gaspillage du temps, des hommes, des matériaux et des produits. Rappelons ici, à nos concitoyens Qui ont vécu aux armées, ce qu'a été ce gaspillage pendant le temps de guerre, et comment la grande entreprise de production et de consommation qui fonctionnait aux armées a Coûté aux contribuables trois ou quatre fois plus cher que n'importe quelle entreprise privée. Si l’on veut recréer une pareille institution à l'usage des civils, cela nous coûtera

encore plus cher que les mercantis, et les mercantis seront remplacés par les débrouillards qui se placeront aux postes intéressants, là où l'on fait les achats et où l'on peut détourner les marchandises au profit des amis, des camarades et de tous ceux avec qui l'on peut faire de fructueuses combinaisons. En doutez-vous ? Regardez ce que l’on a pu faire, en France, sous le couvert de l'État, pour l'importation et la vente des pâtes à papier et des papiers eux-mêmes.

Encore une fois, c'est dans une autre voie qu'il faut chercher les remèdes efficaces contre la vie chère et contre la surélévation factice des prix. Le lecteur qui voudra bien se reporter à l'Economie nouvelle y trouvera l'exposé d’unesolution syndicale dont nous rappelons l'essentiel :

Faire fixer les prix & honnêtes » par les syndicats de producteurs et de vendeurs ;

Faire vérifier les prix déclarés par des experts professionnels d'une honorabilité parfaite :

Rendre responsables les syndicats de l'application des prix ;

Donner aux syndicats un véritable pouvoir de police économique sur tous leurs ressortissants, syndiqués ou non ;

Interdire toute fabrication ou vente par des citoyens ou des associations non soumises aux règles syndicales :

Faire livrer à la justice de l'État, par les syndicats professionnels, les contrevenants ou les délinquants :

Charger les corporations de toutes enquêtes de police économique, tant au point de vue de Ja répression des délits qu'en vue des mesures d'État destinées à améliorer la situation économique ;

La concurrence cessant de produire ses effets au profit du consommateur, l'action syndicale ayant pour effet l'élévation des prix, rendre obligatoire l'établissement des prix par accords entre syndicats acheteurs et syndicats vendeurs ;

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