MESURES ( ÉNERGIQUES ? CONTRE LA VIE CHÈRE
Donner mission aux municipalités (considérées comme représentant les consommateurs des produits et denrées vendus au détail) d'organiser elles-mêmes la surveillance des prix pratiqués par le commerce de détail et les inviter à s’adjoindre un conseil économique formé de représentants des différentes classes de consommateurs ;
Instituer, enfin, un conseil économique national, réunissant les chefs naturels, patrons et ouvriers, des différentes corporations et des régions, et lui donner mission d'élaborer pour l'État un plan de mesures d'ordre public pour améliorer la situation économique générale.
Il va de soi que ce plan d'action comporte la plus sévère répression contre les spéculateurs. Un député a proposé d'appliquer la peine de mort. Voilà une heureuse proposition. Mais elle est trop forte pour le régime. Il faudrait un tout autre régime pour manier cette arme redoutable. Osons dire qu'il serait souhaitable que l'on osât s'en servir :il suffirait de faire un très petit nombre d'exécutions pour remettre beaucoup de choses en ordre, car les spéculateurs, les ventres dorés, ne sont pas, en général, gens très braves, et la crainte salutaire de la corde ou du couperet calmerait leurs appétits. Nous n'osons pas espérer que M. Roy aille jusqu'à demander que l'on ajoute cette mesure aux ( mesures énergiques » qu'il est chargé d'appliquer. Réussira-t-il seulement à poursuivre les spéculateurs et les mercantis contre qui on lui donne quelques armes et une police spéciale? Nous craignons que sa police spéciale soit sans grands moyens d'information si elle agit sans tenir compte des informations que possèdent les syndicats intéressés.
Mais, admettons que la police spéciale fonctionne parfaitement contre les spéculateurs et les mercantis : quels seront les résultats? Agira-t-on? Poursuivra-t-on? Il est aisé de prévoir que M. Roy sera mis dans l'impossibilité d'agir. Il a
le régime contre lui, car le régime fonctionne au profit des mercantis et des spéculateurs. Ce n'est pas d'aujourd'hui que le gouvernement possède des armes contre cette fripouille dorée, Pourquoi ne peut-il s'en servir à Un de ses hauts fonctionnaires le disait en cette année 1919: « Nous savons où frapper, disait-il, nous recevons assez de dénonciations, assez de plaintes pour savoir comment réprimer à coup sûr. Mais nous ne pouvons presque jamais y donner de suites : les mercantis, les spéculateurs trouvent trop de soutiens au Parlement : notre action est entravée, sinon arrêtée par les recommandations des parlementaires. }
Il est vraisemblable que M. Roy trouvera contre lui les mêmes difficultés, maïs accrues. Les élections sont proches : les profteurs de la guerre sont de ceux qui remplissent VO- Jontiers et largement les caisses des comités électoraux ; les recommandations des parlementaires en seront plus pressantes. Le commissaire général ne tardera pas à se rendre compte que si l'on veut agir énergiquement contre la vie chère, une des premières mesures à prendre serait d'ordonner la suppression du Parlement.