CHAPITRE PREMIER
Août 1919,
L ne semble pas que, depuis que l’on écrit et discute sur la vie chère, l'essentiel du problème ait été exactement saisi. L'insuffisance des mesures prises, la croyance géné-
ralement répandue que le prix de la vie baisserait rapidement si le gouvernement prenait des mesures énergiques, montre que l’on ne s'est pas exactement rendu compte des causes de la vie chère. Faute d'en avoir vu les causes, on ne voit pas exactement les remèdes, et l'on ne peut comprendre que la baisse est encore lointaine. Nous en essayons l'étude à notre tour dans une direction où M. Jacques Bainville a donné d'un seul coup beaucoup de lumière le jour où il a montré que le pouvoir d'achat des monnaies françaises a baissé (Action française du 26 août 1919). C'est dans cette direction que l'on peut faire d'utiles découvertes. Mais il faut étudier le problème en se dégageant des idées du socialisme et de l’économie libérale. Si l'on demeure la tête farcie des âneries sur la plus-value ou la loi de l'offre et de la demande, on ne comprendra rien, on n'expliquera rien, on sera incapable de trouver une politique économique qui tienne.