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BANQUEROUTE DES BILLETS, DES BONS ET DE LA RENTE

C'est d'ailleurs ce que publie la Petite Gironde, qui a donné le || mai un communiqué étonnant sur le sens duquel ses lecteurs demeurent hésitants. Voici le papier. Veuillez le lire avec attention :

La Trésorerte. — Notre dette à long terme est de 150 millards, et notre dette à court terme — trente ans el moins — de 130 milliards. On sait que, à la fin de cette année 1925, des remboursements assez lourds sont à prévoir. D'apres des indications qui semblent assez sûres, ils ne dépassent pas néanmoins 25 0/0 des sommes exigibles. :

Jusqu'ici, il y avait une limite d'émission pour les billets de banque, mais il n'y en avait pas pour les bons du Trésor. Pour-

tant, ces bons constituent de véritables billets qui accroissent d'autant notre circulation fiduciaire aux yeux de l'étranger. Cette circulation n'est pas de 45 milliards, mais, en y incorporant les bons, de 110 à 120 milliards. Voilà une des causes essentielles de la dépréciation de notre change.

L'idée hardie et nouvelle duministre des Finances consiste en ceci : la circulation des billets et celle des bons seraient bloquées, et l'on fixerait pour les uns et les autres un plafond unique. Par exemple, 110 milliards (ou le chiffre correspondant exactement à la réalité). Toutes les fois que des bons seraient retirés de la circulation, la Banque de France aurait le droit d'émettre des billets pour une somme équivalente, puisque le plafond ne se trouverait pas dépassé. Ainsi les détenteurs de bons auraient la certitude d'être toujours remboursés & guichets ouverts.

C'est encore une fois la vieille idée de Joseph Caillaux, la seule (idée » qu'il ait eue, qui surgit, mais sous une forme nouvelle, où il croit sans doute, le gros malin, quon ne la reconnaïtra pas. Caillaux en est à Ja quatrième ou cinquième forme d'utilisation des bons comme monnaie. C'est chez lui une idée fixe : on en trouve le germe dans son livre Où va la France? Où va l'Europe? Elle procède d'une erreur énorme sur la nature des bons. Mais elle procède également d'une idée de banqueroute bien arrêtée. Joseph Caillaux croit que l'on ne peut sortir de la situation actuelle que par une banqueroute. Mais il ne veut pas faire de banqueroute ouverte, parce que cela le coulerait définitivement : il veut

faire une banqueroute masquée par une inflation indirecte, ! 2 0 dont le départ serait, croi

ensuite de dire que l’effo mis du régime, à la sp de mer.

Caillaux, qui s'est montré d'une ignorance effarante en matière monétaire, ne se représente pas que toutes ses com-

t-il, peu violent, ce qui permettrait ndrement du franc est dû aux enneà à

éculation, aux curés et au serpent

| binaisons sur les bons, y compris la dernière, auraient pour | conséquence une baisse brusque du franc. En moins d'une | semaine, on perdrait tout contrôle des mouvements monétres. L'inflation à l'allemande commencerait. Caillaux nignore pas que c'est là que l’on irait, et c’est bien là qu'il veut aller ; il l’a annoncé au banquet de Magic-City en parlant du transfert de fortunes qui se produit dans les périodes comme celle où nous sommes. Mais il se trompe lourdement sur les conditions du déclenchement de l'opération.

En tout cas, l'opération décrite par la Petite Gironde (et qui reproduit les hérésies monétaires de Caillaux), ce n'est nen d'autre que la banqueroute des billets, des bons de la Défense et du Trésor, et de la rente, déterminant l’annulation de la dette de l'Etat et l'annulation des créances représentées par les hypothèques, les obligations, etc., etc., c'està-dire le transfert de fortunes annoncé à Magic-City.

Le jour de la déclaration ministérielle, Joseph Caillaux avait fait une déclaration complémentaire disant qu'il ne érait aucune opération pour transformer les bons en monnâle directement ou indirectement.

La Petite Gironde donne officieusement une édition nouelle, revue et corrigée, du projet Caillaux sur les bons.

Nous attendons, et le public attendra avec nous, un démenti au communiqué offcieux de la Petite Gironde, et un communiqué officiel sur les moyens que compte employer Joseph Caillaux pour résoudre le problème de Trésorerie Qui est posé cette année, sans faire de fausse monnaie.

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