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LES CALCULS DES COMMUNISTES

Les communistes observent avec la plus grande attention le déroulement des événements financiers. Ils savent que la grande crise politique s'ouvrira en même temps que la grande crise financière, dont la date peut être désormais prévue à quelques mois près.

Il y a d'ailleurs hésitation, chez eux, sur le sens des événements politiques qui peuvent suivre cette double crise. Ceux qui raisonnent selon la pure doctrine marxiste fondent de grands espoirs sur les résultats d’une grande inflation. Une de nos vieilles connaissances, Robert Louzon, demeuré marxiste intégral, explique aux lecteurs de la Révolution prolétarienne que l'inflation, mettant les capitaux entre les seules mains des magnats, prolétarise les classes moyennes et crée les conditions nécessaires à la révolution marxiste.

Les dirigeants de la II[® Internationale, pour qui le marxisme n'est plus qu'une affaire de bibliothèque, et qui savent, par l'expérience ce que c'est, que la vie politique, ont des vues moins simples sur la situation. Ils savent parfaitement que la grande inflation créera une situation révolutionnaire, mais ils se demandent dans quel sens se produira la poussée révolutionnaire. [ls ne sont pas du tout certains qu'elle agira dans leur direction. Les calculs qu'ils font, en prévision de ce moment, les amènent à considérer avec une certaine sympathie une coalition avec le Cartel pour l'organisation d'une résistance à une poussée nationale qu'ils redoutent.

Il n'est pas exagéré de dire que l'on peut prévoir une période assez joliment troublée, période qui n’est plus lointaine. Il devient très difficile d'éviter ces troubles. Joseph Caillaux a dû penser qu'il serait l'auteur du redressement financier comme Clemenceau a été l'auteur du redressement militaire. Dans les premiers jours de sa présence au ministère, il a entrevu le rôle prodigieux qu'il pourrait jouer. Il a eu l'idée de la dictature financière, de la cession des monopoles, de la rigoureuse compression des dépenses. Cela n'a duré que quelques jours. Il aurait fallu qu'il prit toutes ses idées à l'Action française. C'était vraiment trop difficile. Il a reculé dès qu'il a senti le Parlement dressé contre une dictature financière qui en préparait une autre. Alors il s’est rejeté sur ses propres idées, sur son idée fondamentale pour l'organisation de la faillite.

Voici sa grande idée secrète devenue presque officiellement la sienne.

Aura-t-il le front d'en revendiquer officiellement la paternité ?

Aura-t-1l la sagesse, la prudence de démentir et de jeter ses cartes avant de recevoir officiellement le nom d'organisateur de la banqueroute ?

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