‹ L'état, les finances et la monnaieChapitre 276 sur 309 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

31 mai 1925,

L y a plus qu'une coïncidence entre l'assassinat de notre Î ami Berger et les menaces qui se précisent contre le travail

et l'épargne française. La Chambre de la banqueroute et de la guerre (ainsi l'Action française la désignait-elle dés le 12 mai 1924), la Chambre de la banqueroute et de la guerre a déjà la guerre au Maroc, et appelle le souffle guerrier sur le Rhin ; elle ne voit plus d'autre issue que la banqueroute à la situation financière. Joseph Caillaux était sa dernière espérance. Le 25 mai, Caillaux était obligé de présenter officiellement ses projets où la banqueroute apparaît presque sans voiles. La Chambre se sent condamnée. Elle essaie de tenir. Alors, le lendemain du jour où la France apprend que le Cartel organise la faillite, au moment où la colère nationale naît dans les cœurs, Berger est assassiné, comme si la puissance secrète qui ordonne les événements démocratiques voulait donner un avertissement et dire aux Français :

— Oui, je meurs empoisonnée. Mais je régnerai jusqu'à mon dernier souffle, et malheur à tous ceux qui entreprendront d'abréger mon règne.

En saluant Berger, nouvelle victime de la libération nationale, renouvelons devant sa tombe, comme devant la tombe de Marius

Plateau, comme devant la tombe de Philippe Daudet, le serment de la victoire. Ce serment que nous avons fait une fois pour toutes au matin du 2 août 1914, et dont nous récitons les formules chaque fois qu'un coup est porté contre la Patrie.

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