CHAPITRE II
Février 1920.
OUS nous proposons de soutenir dans ce chapitre les theses suivantes :
1° Contrairement à ce que l'on croit communément, le prix de la vie n augmente pas sensiblement ;
29 L'élévation du prix des objets et denrées n'a pas pour cause en ce moment l'augmentation du prix vrai de la production ;
30 L'élévation de ces prix est déterminée par la diminution de valeur du papier-monnaie ;
49 La diminution de valeur du papier, révélée par les taux du change, est sans lien avec nos importations et nos exportations ; elle ne s'explique pas par la balance commerciale, ni par la balance économique : c'est un phénomène intérieur qui a commencé de se produire fin 1916 et auquel M. Albert Thomas n'est pas étranger ;
50 Cette diminution n'indique en aucune manière que notre crédit baisse. Elle peut s'accentuer, malgré une augmentation de la production. Tout conspire pour l'accentuer ;
6° Elle pourrait peut-être être enrayée si le fait même de son existence ne poussait pas les citoyens à la spéculation non plus sur les marchandises, mais sur les monnaies ;
70 Au dela d'une certaine limite, elle rendra extrêmement difficiles les opérations commerciales à long terme ; elle risque d'entraver notre reconstruction économique au moment même où, incontestablement, nous repartons avec vigueur ;
8 Si nous la subissons, nous serons très gênés et nous serons dépouillés par l'étranger. Si, la prévoyant, nous nous organisons pour parer aux difficultés qu'elle entraîne, nous traverserons la crise monétaire sans trop de secousses ;
% Un des meilleurs moyens d'action est de ramener les prix à l'étalon d'or, ce qui assainirait les opérations commerciales à lerme, même sans circulation d'or.