POSITION DU PROBLÈME
A rubrique de la vie chère est ouverte de nouveau dans tous
£$ Journaux. L'Action française, de son côté, ouvre une
enquête sur les causes de la vie chère et sur les remèdes
Proposés. Je donne une suite aux réflexions que j'ai publiées en
1919 et 1920, et qui eurent comme première conclusion une for-
mule qui est entrée dans la circulation : la monnaie saine tuera la vie chère.
Cette formule n’a pas été comprise en 1920. En 1923, elle est entendue Par tous ceux qui ont mission d'éclairer l'opinion. Je n'en cite d'autre preuve que ces quelques lignes, que l'Intransi- £eant publiait hier en manchette de première page.
. À Monnaie saine, at-on dit, tuera la vie chère. Français, exigez les économies publiques qui permettront d’assainir la Monnaie, »
. Quatre lignes, c'est très exactement ce que contient la for-
mule" a monnaie saine tuera la vie chère.
un ee le problème de la vie chère n'est ni exclusivement Sa 1 exclusivement économique sil est d'abord politique. nn Conseil donné par l'Intransigeant : pour assainir la » &Sainissez les finances publiques, et par conséquent la
pohti RS Me, et vous verrez se renverser tous les phénomènes que
vous observez en ce moment : de mois en mois la vie deviendra moins chère. Problème politique. Il est bon de ne pas se limiter à cette affirmation, et de dire comment et pourquoi le problème est politique.
Le gouvernement part en guerre contre la vie chère. C'est parfait ; à une condition : qu'il fasse d'abord son mea culpa, qu'il se corrige, après quoi il pourra poursuivre les mercantis et tous les exploiteurs du malheur des temps. Mais s'il se borne à une action contre les mercantis, ou contre quelques accapareurs,il n y aura rien de fait : la vie demeurera chère, et les responsables ne seront pas atteints.
Raisonnons. D'une manière générale, on rend responsables de la vie chère les cultivateurs, les commerçants, les industriels, que l'on accuse de faire des bénéfices exagérés, ce qui, dans bien des cas, ne me paraît pas contestable. Remarquez bien que cela revient à nous accuser nous-mêmes de la vie chère, ce qui est du premier coup absurde.
En effet, si l'agriculture fait des bénéfices exagérés sur le commerce et l'industrie, si le commerce fait des bénéfices exagérés sur l'agriculture et l'industrie, si l'industrie fait des bénéfices exagérés sur l'agriculture et le commerce, si, d'autre part, on est d'accord pour dire que les gains des chefs d'entreprise sont trop élevés et que les salaires sont également trop lourds, cela revient tout simplement à dire (puisque nous nous plaignons tous de la vie chère) que nos larges bénéfices et nos hauts salaires ne nous servent absolument à rien.
Je vous signale tout de suite que c’est en partant de cette observation que nous allons arriver à découvnir la vérité. Je me permets donc de retenir votre attention sur ce point : hauts bénéfices, hauts salaires, qui sont réels, n'augmentent pas notre pouvoir d'achat : nous avons au contraire le sentiment, confirmé par le calcul, que notre pouvoir d'achat est en baisse. Nous pouvons donc dire, après cette constatation, que nos super-bénéfices et nos sur-salaires s'évanouissent entre nos mains. C'est exactement ce
qui se passe, et que je veux vous montrer. Je vous préviens que l'opération est aussi difficile à saisir que l'opération par laquelle le billet de banque que vous aviez dans votre poche en 1919 se dépréciait sans sortir de votre portefeuille. (Je laisse de côté aujourd'hui toutes les considérations sur le
change, les décalages monétaires, etc., pour mettre en valeur une cause de vie chère que l'on n'a pas encore vue et dont, pour ma part, Je nai Jamais parlé dans ce journal.)
Nous en avons déjà percé un. Perçons l'autre.
Je vous dis, sans plus attendre, que cette cause mystérieuse de a vie chère, c’est l'augmentation continue de la dette de l'Etat Parce que, dans la période présente, nous portons à l'État, non pas notre épargne, c'est-à-dire ce que nous ne consommons pas, mais une partie de ce que nous consommerions en d'autres temps.
ais cela se fait sans que nous nous en rendions compte.
OUS n'ignorez pas que le budget de l'État est en déficit. Mais, en général, on ne pense qu'au petit déficit du budget normal. Le déficit STave, ce nest pas le déficit budgétaire, c'est le déficit
€ trésorerie, qui vient du fait que l'État doit payer pour le Compte des réparations une somme sensiblement égale au montant du budget normal. Ce qui double ses dépenses, pendant que ‘es recettes demeurent à peu près stationnaires. Si vous voulez Jen Voir ce que cela veut dire, lisez le livre de Jacques Arthuys, ee éviter la banqueroute, où vous trouverez tous les chiffres Je résume, avec des chiffres grossièrement arrondis :
tat est obligé de dépenser chaque année une somme d'envi- Ton 50 milliards :
€n reçoit 20 par l'impôt :
ul en man
ne pare pas ; | su pu donc trouver ces 30 milliards ; A ou sortir de qu'il les trouve dans nos poches, il faut qu'il les amène à
10 portefeuilles, avec notre consentement.
50 m° pa us 30, cela fait 50. L'État trouve chaque année ces Capacité S, Ce qui paraît indiquer que la capacité fiscale et la $ d'épargne du Français sont égales à 50 milliards par an,
que 30, que l'Allemagne devrait payer, mais qu’elle
1 ] à Va trois: :