LES CHEFS D*ÉTAT. — § VII
sentâtion par le président et la représentation par rassemblée. Députés et président sont nommés par les mêmes électeurs. Or si dans un pays plusieurs éléments représentatifs sont possibles, c'est îi la condition que les éléments générateurs de cette représentation complexe soient distincts. On Ta montré en étudiant la question des deux chambres. Le président et rassemblée de 1848 sont élus au suffrage universel et direct : ils représentent donc le môme élément, la majorité numérique. Ue ces deux représentants, Tun est inutile et succombera fatalement. On croit écarter le danger en disant que Tun aura le pouvoir législatif, l'autre seulement le pouvoir exécutif. Pure illusion. On affirme que Tun et l'autre sont des représentants ; l'un et l'autre prétendront avec raison à toutes les prérogatives qui s'attachent au caractère de représentant. « Vous restaurez une monarchie, sans les avantages de la monarchie », disaient les adversaires d'une présidence : ils avaientraison. Comme le roi de 1791, le président de 1848 était déclaré représentant, La force monarchique encore subsistante en 1791 justifiait en partie cette formule. En 1848, créer un président de la république, c'était ou bien établir un rouage sans action et inutile, ou bien donner naissance à une force sans rivale, qui absorberait tout le pouvoir. Les événements le prouvèrent bientôt. On connaît les faits. Ils sont sensiblement analogues à ceux qui suivirent la constitution de l'an III. Assurément, non plus qu'en fan VIII, les erreurs et les contradictions du législateur constituant ne furent pas les seules causes des événements et de l'établissement en France de la dictature impériale. De nombreuses circonstances, tout à fait étrangères au droit constitutionnel, y contribuèrent pour une large part. Nous ne sommes pas de ceux qui pensent que l'histoire des sociétés politiques gravite