‹ L'état, les gouvernants et les agentsChapitre 102 sur 211 · CrtAPlThE lit · texte numérisé non relu

CrtAPlThE lit

tout entière autour d'un texte législatif, et en 1802 comme en 1800, le caractère des hommes, les tendances de Tesprit français, la crainte de Tanarchie, le goût traditionnel du peuple français pour une vaine gloire militaire ne furent pas étrangers au mouvement politique duquel sortit le second empire. Malgré tout, le rapprochement des faits, qui se sont accomplis aux deux époques, est singulièrement démonstratif.

Nous y voyons la preuve que les faits sociaux et politiques ont leur logique irréductible, une force eonire laquelle viennent se briser les combinaisons législatives les plus savantes. Quand un pays est arrivé à celte situation sociale et politique, oii toute la force se trouve concentrée dans une classe ou dans une majorité, c'est en vain qu'à côté de cette plus grande force, on veut créer un élément artificiel de contrepoiJjî. c'est en vain qu'à côté d'un parlement, représentant la force populaire, on essaye d'instituer un chef d'Ktat, modelé sur un monarque. Ou bien il sera un vain fantôme ; ou bien il profitera de son caractère repri'sentatif pour confisquer la force populaire. En 18i8, on créait un président de la république sur le modèle d'un roi constitutionnel. La monarchie constitutionnelle ou limitée peut à la rigueur se maintenir quelque temps parce que, produit normal d'un état social, elle est un régime transitoire évoluant naturellement vers la monarchie parlementaire. Mais l'institution d'un président de la république, pseudo-monarque conslilulionel, est une institution mort-née.

Page 1