Bryce, loc. cit,^ p
LES CHEFS d'état. — § X 3»7
veto suspensif. Voici donc cette constitution qu'on nous représente toujours comme fondée sur le dogme de la séparation des pouvoirs, qui ne fonctionne normalement que grâce à la part qu'elle donne au chef du pouvoir exécutif dans la confection des lois, a la brèche qu'elle apporte à ce fameux principe. Bryce n'a point manqué de mettre cela en relief. « La seule vraie force du pouvoir exécutif, dit-il, le rempart derrière lequel il peut n'sister à l'assemblée législative, c'est donc, en temps ordinaire, son droit de veto. En d'autres termes, il survit comme exécutif, non pas en vertu de ses fonctions propres, mais bien à cause de la part qnil a reçue dans les fonctions législatives ; il maintient sa position par la force des choses, non parce qu'il est séparé du pouvoir législatif, mais plutôt parce qu'il pîirlicipe à UQ droit qui appartient en réalité à ce pouvoir*». Qu'on no nous vante donc plus les merveilleux effets (le la séparation des pouvoirs aux Etats-Unis. Les rouages du gouvernement américain ne fonctionnent sans heurt que grâce aux restrictions que la constitution et les événements ont apportées à ce célèbre et regrettable principe. Finalement, si une collaboration continuelle du parlement et du gouvernement n'est point assurée, elle so trouve à peu près complètement réalisée pour la manifestation par excellence de la souveraineté politique, la confection des lois.
Il est un autre fait qu'on ne peut passer sous silence. Nous voulons parler du discrédit dans lequel est tombé, il«'puis longtemps déjà, le congrès américain. Tous les auteurs, qui connaissent la vie politique américaine, se sont plu à le constater; il faut lire les ouvrages de Hpyce et de Wilson- qui en font le tableau saisissant et en analysent minutieusement les causes. L'une d'elles