I. Bryce, loc, cii., p. 32i-32:i
t Wil&on, /e Gouvernement conijreanionnel, édit. franraiso, 1900.
358 CHAPITRE ni
consiste assurt^nient en co fait que le congrès n'a pas un contrôle effectif de l'administration générale. Mais ce discrédit du congrès n'est pas seulement un effet ; il est aussi une cause et a contribué pour une largo mesure à l'affermissement et à Textension du pouvoir présidentiel. Cela n*eut certainement pas suffi à produire cet effet. Mais les germes de force, que les conditions précédemment décrites assuraient au président, se sont facilement développés à la faveur de la faiblesse politique et sociale ducongrès. Composé surtout de politiciens sans grande valeur morale ou intellectuelle, il occupe dans le pays peu de place, et le pouvoir présidentiel en a grandi d'autant.
Nous n'avons résolu que la première partie du problème. Il reste à montrer en elfet pourquoi ce pouvoir présidentiel, reposant sur une élection générale, armé par la constitution d'un pouvoir étendu, grandissantà la faveur des circonstances et du besoin coostant d'unification, fortifié par les services rendus dans les grandes crises, répondant aujourd'hui au jingoïsme du peuple américain, pourquoi ce pouvoir n'est pas devenu et ne paraît pas devoir devenir un pouvoir dictatorial. Ces visées dictatoriales, on les a reprochées à un seul président, le général Grant. I.e re|)roche ne paraît pas avoir été fondé; c'était une arme de parti bien plutôt qu'une accusation sérieuse et loyale. Bryce <lit très justement: « Il n'(»st point aisé d'imaginer un président renversant la constitution existante. » De cela, les raisons sont nombreuses. La principale consiste encore dans le caractère fédéral des Etats-Unis, et en même temps dans l'éti^ndue du pays et la diversité des éléments qui le composent. Assurément, la nation américaine marche vers la centralisation et l'unité ; la compétencedu gouvernement fédéral va chaque jour s'accroissant; mais les Etats particuliers ont encore une notable autonomie;