Hauriou, Uê-oïI administratifs 4' édit., p
volonté se faisant à elle-môrae sa loi. Dire qu'elle est une force, ce n'est rien ajouter à l'idée; car toute volonté est pardélinition même une force*. Cette volonté, force maîtresse d'elle-même, non plus qu'une volonté quelconque, ne peut se démembrer sans cesser d'être elle-même. Les solutions, proposées au problème de la décentralisation par les auteurs allemands, ne sont pas pins satisfaisantes que celles qui précèdent. Voulant délerminer la situation juridique de Tunité administrative décentralisée, Laband écrit : « Quand la commune esl autorisée à commander avec force de droit (possibilité de la contrainte) et à réaliser ses commandements au cas de besoin par la force, elle agit au nom et sur mandat de l'Etat, en représentation et sur délégation de celui-ci. Ce n'est pas sa force, mais celle de l'Etat quelle met en mouvement; ce n'est pas son droit propre, mais un droit étranger qu'elle fait valoir. La commune n'a pas de sujets; elle est pour l'exercice de ses droits aussi dépourvue de force que le créancier vis-k-vis desondébiteur ; les moyens de droit, c'est-à-dire la force d'exécution, elle les trouve uniquement et seulement dans l'Etat*. » Finalement la doctrine de Laband s^e ramène à ceci : la commune, l'unité administrative décentralisée est privée de droits de puissance; le seul titulaire de ces droits est et reste l'Etat; la commune ne fait qu'exercer par représentation, en tant que mandataire, certains droits de puissance publique. Cela conduit à dire que l'unité administrative autonome peut être titulaire de droits patrimoniaux, mais qu'elle n'est jamais investie de droits de puissance, qu'elle n'est qu'un mandataire charfçé d'exerrer au nom de l'Etat certains droits de puissance.