Esmein, Droit constitutionnel, p. m, 2" éd
individu ; or, cela est vrai, cette conception est fausse en soi, et elle est repoussée parle droit positif français. La représentation proportionnelle présente, en outre, d'après l'auteur, au point de vue pratique les plus graves inconvénients K Ainsi partisans et adversaires de la représentation proportionnelle sont à peu près unanînK's pour déclarer qu'elle est incompatible avec le principe français de la souveraineté nationale une et indivfsifc/e, représentée parle parlement considéré comme personne. Nous avouons ne point comprendre cette prétendue incompatibilité. Nous accordons pour un instant que la nation prise en corps forme une personne, ayant une volonté une distincte des volontés individuelles; nous pensons qu'en effet les individus n'ont point un droit personnel de représentation, que la doctrine de la souveraineté répartie est insoutenable, que les députés ne sont point les mandataires, les commis ou préposés des électeurs, et nous disons avec la doctrine française que le parlement pris en corps est le mandataire de la nation. Tout cela n'est point contradictoire avec la représentation proportionnelle. Puisqu'on admet l'existence d'une volonté nationale souveraine, distincte des volontés individuelles, le problème qui s'impose à l'art politique est précisément de dégager cette volonté nationale ; et le procédé imaginé pour cela sera d'autant plus adéquat au principe qu'il arrivera plus exactement à dégager cette volonté nationale. C'est au contraire, avec le morcellement âe la souveraineté, qu'il semble impossible d'admettre la représentation proportionnelle ; car si les volontés individuelles comptent seules, si elles sont toutes mathématiquement égales, on ne peut évidemment imposer une décision qu'en comptant ces volon-