Voir Tocqiievillo, Snuven/rs, p. 170, Paris
3. Voir le rapport de IJoissy d'Anglas, Monileur (Réimpression!, t. XXV, p. 81 et suiv.
i«M||| UWII. IJl '
quoi le même phénomène ne se produirait-il pas quand
le parlemeni se compose de deux chambres? Malgré
celte division, il n'y a qu'un seul parlement, qu'une
seule volonté parlementaire, et la représentation reste
une. En d'autres termes, quand le parlement se compose
de deux chambres, dans chaque chambre se forme
une volonté une et collective; et de môme que de la
fusion des volontés individuelles, qui composent chaque
chambre, sort, dit-on, une volonté une, de môme de
la fusion des volontés de chaque chambre sort une
volonté une, qui est la volonté parlementaire, et qui
représente la volonté nationale. Celle-ci, une dans son
essence, reste bien une dans sa représentation, malgré
la dualité du parlement.
M. Esmein a tort par conséquent de dire que, si Ton accepte les prémisses du raisonnement fait en 1848 et en 1789, la conclusion qu'on en tire est forcée; il a tort aussi de dire que, sous le régime représentatif, tel que notre droit public le conçoit, la loi n'est pas l'expression de la volonté nationale ^ Le contraire fut affirmé à maintes reprises par notre législateur constituant. La volonté du parlement représente la volonté nationale, par l'effet du mandat qu'il en reçoit; et si le parlement peut, malgré cela, se composerde deux chambres, c'est que, malgré cette dualité, il n'y. a qu'un parlement, qu'une seule volonté parlementaire. La théorie de la représentation politique, que formule M. Esmein, est savante, ingénieuse, mais elle est sienne, et non pas celle de nos constitutions. Quant aux avantages pratiques du dualisme, ils ont été démontrés par l'expérience; il est inutile de les rappeler. Ce fait que l'existence de deux chambres peut retarder l'u'uvre législative csl un argument de plus en faveur du dualisme. Il n'est