LÉS CHEFS D*ÉTAT. — § II
estimons que Télection esl par ello-mônie la nogation de la monarchie absolue. Nous supposons bien entendu une élection qui soit conforme à la structure sociale du pays. Si Ton imagine en effet une élection ordonnée arbitrairement par la loi positive, cette élection est sans portée; un tel régime électif ne peut avoir qu'une durée éphémère. Mais si l'état social d'un pays exige qu'une élection ait lieu pour investir un homme de la force politique dans sa plénitude, on ne peut voir dans cet homme un monarque absolu, mais seulement un représentant du corps électoral; cette monarchie est réellement une monarchie représentative. Le fait que traduit cette élection est celui-ci : en fait, tel corps électoral n'a la toute-puissance dans le pays qu'à la condition de se solidariser avec un homme déterminé, qui, désigné par ce corps électoral, exercera cette toulepuissance; en môme temps cet homme n'a pas à lui seul la toute-puissance, puisqu'en fait il ne peut en exercer les prérogatives que s'il est désigné par un corps électoral. 11 se produit là un phénomène de représentation absolument analogue à celui que nous avons décrit à propos du parlementa L'élément prépondérant dans le pays a une composition complexe : ce n'est ni le corps électoral seul, ni le monarque : c'est un composé particulier du corps électoral et du monarque; entre le corps électoral et le monarque se forme une solidarité spéciale, une pénétration constante. On ne peut donc dire, ni que la toute-puissance Je fait, ni que la toute-puissance de droit, réside entièrement dans ce monarque. Quand Jellinek déclare que le prince élu est un monarque absolu, lorsque h côté de lui ne se trouve aucun organe, organe collégial