Bagehot, English constiluiiony 1878, p. 16 et suiv
2. Dicey, Introduction to the study of the law of the constitution, p. 37, 5' édit., 1897 ; éclit. franc., 1902, p. 3o.
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tiction. Toute loi est votée dans le parlement; mais, par rinterraédiaire du cabinet, la couronne est directement associée à la confection des lois; toutes les fonctions gouvernementales proprement dites sont remplies par le cabinet, mais cela sous le contrôle incessant du parlement. L'expression, prérogative de la couronne, qui implique la survivance d'un droit appartenant en propre au roi, est toujours employée; mais elle ne désigne plus qu'une chose fictive. Le droit de dissolution lui-même a cessé d'être à proprement parler une prérogative de la couronne. Il n'a d'autre but que d'assurer Taccord de la couronne et du parlement, et de contrôler la conformité de son opinion avec celle du corps électoral dont il émane. En un mot, toutes les fonctious politiques émanent véritablement d'une collaboration du monarque et du parfement, et cette collaboration est réalisée par le cabinet, agent essentiel de l'activité politique. Il émane à la fois du monarque et du parlement, du monarque, puisque c'est lui qui le nomme ou du moins qui désigne le premier ministre, lequel choisit ensuite ses collaborateurs ; du parlement, puisque le cabinet est choisi dans la majorité du parlement. Jellinek * a raison de dire que la royauté est un organe essentiel de la constitution anglaise, parce que son inactivité entraînerait Tarrôt complet de la machine gouvernementale. Mais on peut, on doit en dire autant du parlement. Si le parlement anglais refusait aussi de remplir sa mission, tout serait arrêté; ce serait la révolution ou l'anarchie. L'Angleterre est un pays monarchique, c'est vrai ; mais elle est aussi un pays parlementaire ; et c'est cette fusion intime du roi et du parlement qui constitue véritablement le gouvernement anglais.