‹ L'état, les gouvernants et les agentsChapitre 98 sur 211 · Àîunileur ^Kéimpression;, t. XVI, p · texte numérisé non relu

Àîunileur ^Kéimpression;, t. XVI, p

Les chefs d*état. — § vu 3id

û^aurait pas ses avantages et ne donnerait pas les garanties qu'on avait cherchées dans la monarchie véritable: la fixité et un frein pour toutes les ambitions ^ Les orateurs qui parlaient ainsi étaient assurément dans la logique de la situation. Mais leur opinion ne triomphe pas; l'assemblée institue un président de la république élu au sulFrage direct et universel. On sait ce qu'il advint. Ce système logique d'une république sans chef d'Etat a été réalisé par la constitution suisse. Dans le gouvernement fédéral suisse, comme dans les cantons, il y a un conseil, appelé dans la fédération conseil fédéral, dans les cantons en général conseil d'Etat, élu ou bien directement par le peuple ou bien par l'assemblée législative. Il y a un présidentdu conseil fédéral, mais sans attributions propres ou k peu près. Les conseils exécutifs sont seulement lesexécuteurs des volontés du corps législatif. « L'exercice d'une volonté dirigeante, dit M. Esmein, n'entre même pas dans leur esprit ^. » Beaucoup d'auteurs estiment qu'un pareil système serait impossible dans un grand pays, et particulièrement dans un grand pays centralisé comme la France, qu'il ne fonctionne sans dommage en Suisse que parce que la Suisse est un Etat fédéral, et parce que surtout l'harmonie « qui en résulte est le résultat des mœurs, s'est établie par tradition et se maintient par esprit de sagesse ». C'est possible. Mais en môme temps, c'est le seul système logiquement compatible avec le principe républicain. Du reste il n'est pas difficile de montrer que les tentatives faites particulièrement en France, pour créer un chef d'Etat républicain, sur le modèle d'un monarque, n'ont point été heureuses.

Page 1