‹ L'état mental des hystériquesChapitre 10 sur 290 · liriqijcl, op. cit.. p · texte numérisé non relu

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LES ANESTHÉSIES 17

une amaurose, qui semble bien hvstérique, avec dilalalion permanente de la pupille. Il se peut (ju'ici l'amaurose se superpose à un autre tioubic iiiotriir, mais cela est certainement très rar(r. M. Pitres a si<j"naié un autre réflexe pupillaire bien intéressant, qui se conserve très bien mal<^ré l'anestliésie, « la pupille se dilate lorsque I on vient a piquer ou à pincer fortement des parties anesthésiées du téguinent, bien que les malades ne ressentent aucune impression douloureuse' ». J'ai répété l'expérience de M. Pitres sur beaucoup de malades et j'ai constaté le même résultat.

D'autres réflexes au contraire soulèvent une ([uestion plus difficile : ce sont des réflexes très souvent altérés ou supprimés dans l'anestliésie hystéricjue, la secousse et la grimace que Ton fait d'ordinaire (|uand on nous pince ou qu on nous brûle subitement, le réflexe consécutif au chatouillement soit de la plante des pieds, soit des flancs, le réflexe nauséeux après titillation du pharynx, le réflexe palpébral après attouchement de la conjonctive, etc. Ces réflexes, il faut le constater, sont très souvent absents. Je crois que ce sont des réflexes particulieis que l'on pourrait appeler sensitifs, parce qu'ils dépendent non dune sensation précise, mais d'une émotion générale, la douleur. Nous v reviendrons à la fin de ce chapitre, quand nous parlerons plus spécialement de la douleur.

Une anesthésie peut aussi être la cause de troubles physiologiques d'une manière simplement indirecte, parce que le sujet ne prend plus les précautions suffisantes pour garantir des meml)res qu'il ne sent plus. Chez les animaux, les membres rendus insensibles par la section d un nerf sont souvent contusionnés et déchirés. On sait comment se présentent les malades atteints de cette affection intéressante et récemment décrite, la syringomyélie. Ils ont des traces de brûlures aux doigts et se plaignent de se brûler à chaque instants sans le sentir. Jai constaté deux fois un accident semblable chez des hvstériques, mais cela ne se produit que dans des circonstances spéciales et tout ;i fait exceptionnelles ; en général, on ne leur voit ni contusions ni brûlures sur des membres qui n'ont cependant ni sensii^ilité à la douleur, ni sensibilité à la chaleur. Cette anesthésie n'empêche donc pas le malade de se protéger contre les accidents divers.

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