Pitres, op. cit.. I, p
Ja.xet. — Hystérie. 2
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Cette absence relative de troul)les objeotirs s'aoeompagne le plus souvent d'un svnipl<"kmc suùjecf if dos plus importants. Cette anesthésie nest pas appréciée par le sujet, elle lui est indifférente et passe le i)liis souvent inaperçue. Quel(|uelois on entend un malade dire: « Je touchais mon Iront et c était conmie le front d une autie personne, comme si je louchais une tahle. » Mais cette déclaration est excessivement rare, elle se rencontre chez des malades qui ont étudié leur maladie et entendu j)arler de leurs svmptùmes. Quand on ol)serve une hysléi"i(|ue pour la première fois, ou bien quand on étudie des malades venant de la campacrne et n'avant pas été examinés par des spécialistes, on constate, ainsi que je lai fait souvent, (ju'elles portent, sans en soufTrir et sans s'en douter, les anesthésies les j)lus profondes et les plus étendues. Lasègue, qui a analysé avec grand soin beaucoup de caractères moraux de l'hystérie, a souvent signalé cette ignorance des malades'. M. Charcot insistait souvent sur ce point et montrait que beaucoup de malades sojit très surprises quand on leur révèle leur insensibilité-. Tous les auteurs plus récents sont aussi d'accoi'd sur ce point'. Il est loin d'en ètie aiiisi pour les anesthésies de causes organiques. On connaît ce symptôme particulier du tabès que M. Charcot a été l'un des premiers à décrire et qu'il a appelé le masque tabétique. Les malades perdent la sensilniité dune partie plus ou moins étendue de la face, mais ils s'en rendent compte subjectivement et déclarent éprouver à ce propos un sentiment horrible. Que l'on demande aux hystériques qui ont de l'anesthésie de la face et qui sont légion, si elles éprouvent une sensation horrible, et elles vous répondront toutes que cela leur est bien égal.
Pour préciser cette différence Importante entre l'anesthésie hystérique et l'anesthésie de cause organique, il ne sera pas mauvais, je crois, de raconter une petite anecdote. Je ne l'ai pas recueillie moi-même, mais elle m'a été rapportée par mon frère, le D' Jules Janet. Quand il était interne à la Pitié chez M. le D'" Polaillon, il eut l'occasion d'observer le cas suivant. Une jeune fille d'une vingtaine d'années avait été victime d'un accident assez grave : elle était tombée au travers d'une porte vitrée et si malheurcu-
1. Lasi'giic, Archives gén. de méfl. i86/i : Études médicales, II, p. 3o.