‹ L'état mental des hystériquesChapitre 100 sur 290 · I. Iîri([uct, op. cit.. pp. 'jmri-uô.S · texte numérisé non relu

I. Iîri([uct, op. cit.. pp. 'jmri-uô.S

HM) ACCIDENTS MENTAUX DES llYSTlsRIQUES

ordinaires, permettent le plus souvent de tMiinpreiulic ees prétendues merveilles. Je ne mets pas en doute cependant certaines exaltations des sens qui ont été observées soit pendant la veille, soit pins fréquemment pendant le somnambulisme. N'ayant |)as eu l'occasion d'observer sui' ce point des l'aifs l)ieii caractéristiques, je me bornerai ii répéter l'opinion exprimée déjii souvent par les anciens magnétiseurs et qui me semble lort viaisemblable. Les hvstériques sont eajtables de iléplacer très facilement leur attention; de même qu'elles j)euvent négliger et oublier complètement certaines sensations, elles peuvent concentrer toute leur puissance de pensée sur certaines autres. Nos sens peuvent être mis en action par des impicssions fort minimes que nous négli o-eons ordinairement de peucevoir. On a pu, non sans raison, soutenir que les sensations subconscientes étaient beaucoup plus fines que nos perceptions conscientes Ce sont ces phénomènes ordinairement subconscients qui pénètrent dans la perception personnelle, quand notre attention est vivement excitée'. Ce sont probablement des phénomènes de ce genre qui éveillent par association d'idée les rêveries et les divinations des somnambules lucides. Léonie n'est pas capable, (juand on l'interroge, de distinguer ma main de celle des autres par un léger et rapide coutact. Cependant cette distinction s'ellectue fort bien ii sou insu quand je touche sa main anesthésique et elle amène à sa suite plusieurs phénomènes automatiques très caractéristiques. L'étude psychologique de l'hyperesthésie vraie, quand elle sera faite avec précaution sur des cas bien nets, fera découvrir des caractères intéressants delà sensation inconsciente et précisera nos connaissances sur la puissance de l'attention.

Certaines hyperalgésies peuvent encore être considérées comme vraies, ce sont les douleurs que les hystériques ressentent souvent dans la tète. Je ne parle pas des sensations superficielles, de la sensibilité exagérée de certains points du cuir chevelu, mais d'une douleur cérébrale qui ne se rattache à aucune idée fixe et que plusieurs malades très difTérentes les unes des autres m'ont paru éprouver régulièrement dans les mêmes circonstances. Je signalais récemment cette douleur en décrivant la guérison de l'amnésie si complète de M""' D... « Le retour des souvenirs,

r. H. Oppcntioim, Tluilsùchliclics iiml liyiiolkrlisclics ubrr dus wesrn dcr Uystcrie, october i8^<j, p. ij.

l'opération, (juelle qu'elle fût, par la(juelle la personnalité rentrait en possession de ces souvenirs si lonf>leinps oubliés, s'accompagnait de violentes douleurs de télé. J'ai vu M'"*" D... crier de douleur, éprouver des vertiges à ne plus pouvoir se tenir debout et nièiue délirer quand elle rentrait en possession d'un groupe important de souveiiiis. Ces symptômes s'atténuaient et même disparaissaient rjuaiul les souvenirs étaient définitivement acquis'. » Ce pbénoniène est lré(|uent cbez les hvstériques ; je l'ai constaté au début des grandes attaques, au réveil des somnambulisines profonds ou bien au moment du passage d'un état somnanibuli(|ue à un autre. Il se montre surtout chez les hystéri(jues tourmentées par des idées fixes et principalement quand on cherche à modifier ces idées fixes. Les malades expriment cette douleur en disant (|u'elles ont une j)ierrc dans la tète, qu'elles ont de l'eau dans la tête, et souvent elles construisent un délire sur cette douleur. Marcelle se plaignit d avoir une bêle dans la tête ([iii lui rongeait le cerveau et j'ai été surpris d entendre dernièrement Maria, qui n'a jamais eu aucun rapport avec la première malade, employer exactement les mêmes expressions. Il est inutile de dire (|ue nous ignorons absolument quel est le phénomène physiologiijue (|ui donne lieu ii une pareille douleur.

Les hyperesthésies qui intéressent le plus le médecin (juaiid il étudie les accidents de l'hystérie, sont les hyperesthésies faus ses ou les hvperesthésies par idée fixe. Sur des points du corps très variés se développe une sensibilité en apparence tout à fait exquise. Le plus léger contact provoque de grandes douleurs, des cris, des spasmes et même des attaques. Ces points peuvent se rencontrer à peu près sur toute la surface du corps, sur tous les organes, même sur le nez, comme nous l'avons vu une fois, ou sur la mucjueuse des narines, comme le décrit M. Gilles de la Tourelle-. Cependant ces zones douloureuses siègent le plus souvent sur des points particuliers, sur les organes génitaux, les testicules ou les ovaires, sur l'abdomen, sur les articulations, le genou ou la hanche particulièrement. L'ovarie, les hyperesthésies abdominales, les arthralgies. les coxalgies hystériques, le genou de Brodie, etc., sont des manifestations bien connues de

r. L'amncsic continue. Revue générale des sciences. i?^()3, p. i-8. j. Gilles do la Tourcttc, op. cit., p. 3o3.

iOi ACCIDENTS MENTAUX DES IIYSTKIUQUES

la nt'vnise. Nous no voulons pas faire rhistori(|ue de ces recherches, ni enlrepreiulre la description médicale de ces svnlpt(^mes, cies études sont laites d'une façon très complète dans les ouvra<>es de M. Pitres et île M. Gilles de la Tourelte'. Nous nous bornons à éttidier les phénomènes psycli(do<^i(|ues (|ul accompagnent ou ijui provoi|Hent ces sensibilités anormales.

Quelipies remarques me semblent justifier la dénomination d'iivperesthésie fausse que nous avons appli(|uée ii ce fait pour le distinguer des douleurs ([ui accompagnent les lésions importantes et des cas d hvperacuité véritable des sens. C'est un fait bien connu {|ue ces douleurs si violentes ne s'accompagnent pas (Tordinaire d'altérations organicjues. « Absence de rougeur et de tumébiction, disait M. Pitres, peu ou point de douleurs spontanées, pas de sensibilité à la percussion du talon, pas de rétractions musculaires, ni d'attitudes vicieuses, quelle est la lésion organique qui pourrait persister pendant près de deux ans avec cet ensemble de svmptômes négatils-? »

Elles ne sont pas non plus accompagnées d'une délicatesse particulière de la sensation. H... semble effrayée dès que je veux toucher son bras, elle suit avec terreur mon doigt qui s'approche, elle saute et pousse des cris affreux dès que j'eflleure sa peau. J'ai cru d'abord pouvoir étudier sur ce cas l'hypcresthésie tactile, et j'ai voulu mesurer avec précision cette sensibilité (|ui paraissait étonnamment délicate. Après avoir calmé la malade, lui avoir promis cent fois que je n'appuierai |)as bien fort, je lui ai fait détourner les yeux et j'ai appliqué sur son bras l'.Testhési'omètre. .le fus étonné d'abord de constater (jue la malade ciiait également pour tous les contacts quels cju'ils fussent et ne paraissait pas souffrir autrement quand j'appuyais très fort ou très peu. En second lieu, elle distinguait très mal l'écartement des deux pointes de l'instrument et ne reconnaissait pas les objets mis sur sa peau. Comme le disait M. Féré, après avoir fait des remarcpies semblables, « ce n'est qu'une exagération de la sensibilité à la douleur, le simple contact est moins senti qu'il ne l'est du côté sain ' ». Y a-t-il même une véritable exagération de la sensibilité à la douleur? Cette sensibilité est fort confuse.

I. Pitres, Oj). cil.'. I, p i^<i. — Gillos df; la J'oiirctlo, op. cit., p. 'i-i-x.

■X. Pitres, op. cit., I, p.i><?S.

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