Féré, .\rcliives de iieurolo<iic, j8>52, I, p
LES IDÉES F[\ES Sfô
|)nis(nio toiitos les improssinns provoquent la in^me douleur sans variations, sans nuances, (ihez une autre malade, j'ai constaté à ce propos un fait |)lus décisil" encore : elle hurlait dès qu'elle voyait ma main aj)procher de son ventre, mais quand je lui faisais détourner les yeux et que je lui parlais d'autre chose, elle ne s'apercevait inême pas que je pinçais fortement la peau du venti-e ou ([ue j'appuvais sur lui. Son ventre si hvperesthésiipie en apparence était en r(''alité... anesthésique. Bi'odie avait déjà remar- (|ué autrefois, ii j)ropos de la coxalf(ie hvstéricpie, (|ue la douleur est plus Inrte. (niand la malade « voit l'examen auf|uel on la s(mimet ; si au conti-aire (|uel(|ue ch()se vient à la distraire, c est à peine si elle profère une plainte' ». Ajoutons que nous avons aussi vérifié à ce propos une ancienne remarque de Briipiet-. Cette hyperesthésie n'est pas constante et plusieurs malades, H... et M... par exemple, n'ont plus cette sensihlité anormale quand ils sont en somnambulisme. En un mot, cette hvperesthésie variable et contradictoire ne s'accompagne en réalité d aucune modification sérieuse de la sensibilité. Le sens tactile et même le sens de la douleur sont restés normaux à cet endroit du corps et c'est ce que j'ai voulu exprimer en appelant ce phénomène une hvperesthésie fausse.
En quoi consiste donc le phénomène"? Il semble se rattacher évidemment à des phénomènes psvchologiques. Souvent en efTet l'hvperesthésie est svstémati(|ue : Estelle, la malade du D"^ Despine, pousse des cris dès (|u'une j)ersonne étranjrère veut la toucher, mais elle ne souffre plus quand elle est remuée par sa mère ou sa doucheuse habituelle^. Que de somnambules ne se laissent toucher que par leur magnétiseur et souffrent dès qu'une autre personne les approche. Beaucoup de sujets qui ne peuvent être touchés sur une de leurs zones sensibles sans avoir une attaque, peuvent les toucher eux-mêmes sans résultat'*; j'ajouterai que le plus petit frôlement provoque de grands phénomènes quand il est fait expérimentaleme<nt et que sans cesse ont lieu dans la journée des fi-ottements accidentels causés par les vêtements ou les objets, sans que le malade se plaigne de rien, (^uand ces hyperesthésies sont localisées, elles n'ont pas une répartition