Charcot, op. cit., I, p. /io/j
Sydenham, mouvements incoordoniiés de tous k-s uu-iuhres, sans aucun rytliine, « qui rappellent ceux des haladins » ; les jambes sont plus atteintes (|ue les bras et leurs mouvements irréguliers sont tels <|ue la station del)out est ii peu près impossible; les jambes et les pieds ont une tenilance à se recourber en dedans comme si la malade voulait prendre la position du tailleur accroupi, mais ils ont aussi d'autres mouvements. L'état mental de la malade peut éveillrr {attention, il est et surtout il a été très singulier. La malade, autrefois intelligente et travailleuse, est devenue incapable de fixer son attention et de rien compiendre. File ne pouvait plus lien apprendre, elVeetuei' aucun tra\ail à la pension, il a fallu la renvoyer. Chez ses parents, elle présentait un ahurissement complet avec des étonnements et des questions persistantes. Elle interrogeait indéfiniment poui- savoir ce que c était (ju'une pendule, un lit. Elle était obsédée pendant des jouinées entières par la même (juestion enlantine comnie les malades atteints de la folie du doute. Depuis tjue la chorée est bien établie, l'état mental sest considérablement amélioré, mais elle reste encore dans un état d'incertitude et denVoi continuel, la moindre des choses la surprend et lémotioiine au point de provoquer des crises de larmes. Cet état mental n'est pas un symptôme bien caractéristique, car il est propre à la plupart des états d'aflaiblissements cérébraux. On pourrait insister davantage sur l'état de la sensibilité (|ui est particulier. Barb. n'est complètement anesthésique nulle part et na pas de rétrécissement du champ visuel, mais elle a une disposition a oublier ses jambes qui est bien nette, la moindre distraction 1 empêche de sentir les piqûres ou les mouvements communiqués, elle ne se rend pas compte, sans regarder, de ses mouvements choréifjues, enfin elle nous fait elle-même la remarque (jue le sol est mou et ((u'elle le sent enfoncer. L'évolution de la maladie vient trancher les doutes, la chorée des jambes se transforme peu à peu en contracture et les jambes s'immobilisent dans la flexion léçrère du ii'enou et la rotation interne du pied, cette position précisément cpie les mouvements choréiques tendaient à pro<luire continuellement, l'anesthésie devient nette aux deux jambes et les émotions de la malade se transforment en véritables crises d'hvstérie. Cette jeune fille a passé par le doute et la chorée avant d arriver à l'hvstérie.
Telles sont, sommairement rappelées, les piineipales formes J.vxET. — Hvstrrie. if<
Si nous considérons l'origine de ces accidents, nous voyons qu'ils ne sont spontanés qu'en apparence, il y a toujours quelque fait réel, quelque émotion ressentie par la malade (jui en marque le début. La toux de Mich. a débuté à la suite d une angine réelle, probablement bénigne, mais qui a beaucoup efl'rayé ses parents et qui a été traitée par des cautérisations de la gorge. L'aboiement d'une malade a eu pour cause « un gros vilain chien que tout le monde caressait à la maison et qu'on aimait plus que moi ». L'aboiement d'une autre, Qu., presque semblable actuellement à celui de la première, me semble être l'exagération des o-ros soupirs qu'elle poussait continuellement (( parce qu'elle ne pouvait pas se marier et qu'elle s'ennuyait de vivre toute seule ». « Parfois les tics ne sont que la reproduction fidèle et involontaire des gestes exécutés par une autre personne, c'est une sorte d'échomatisme* », et M. Charcot montrait que le bêlement d'une malade avait été produit à la suite de l'imitation d'un jouet*. « Une femme, racontent MM. Breuer et Freud, veille sur un enfant malade qu'on a eu beaucoup de peine à endormir; elle fait tous ses efforts pour se tenir tranquille et ne pas faire de bruit de crainte de le réveiller. Mais juste à la suite de cette résolution, par une sorte de contre-volonté hystérique (nous dirions à la suite d'une association par contraste), elle fait un claquement avec sa langue. Ce bruit se répète encore une fois, plus tard, dans une autre circonstance où elle veut aussi se tenir tranquille ; de là un tic de claquement de la langue qui accompagne chaque émotion'. » Nous pouvons dire avec M. Pitres que ces tics dépendantde l'hystérie sont tous produits à la suite de traumatismes ou d'émotions morales \
M. Dutil a montré qu'il en est de même pour la plupart des tremblements hystériques qui viennent à la suite d'un trauma-
1. Seglas, Les troubles du lanfj âge chez les aliénés, 1892, p. 292.