I. Gilles de la Toviretle, op. cil., p
a. Auloinatisme psycliologiquc, p. 382.
3. Séglas, Les troubles du langarje clie: les aliènes, p. 292.
rêve pour suppiiiiKM' la chorée. Le malacle Vol. ne présente pas de stigmates d'hystérie ineonlestables, je dois en avertir le leeteur, car toutes les malades citées dans cet ouvrage présentent les stigmates classiipies. Je considère cependant Vel. comme iiystériquc, car on c(»nstate chez lui un somnambulisme très net, bien distinct de l'état de veille, des actes subsconscients et même de l'écriture automatiijue ; or ce dédoublement de la personnalité, ainsi qu'on le verra dans la conclusion de ce livre, nous paraît constituer essentiellement ce qu'on appelle l'hystérie. Vel. est un jeune homme âgé de 24 ans, assez intelligent mais nerveux, impressionnable, sans volonté, il a déjà eu des idées fixes de différentes espèces. A la suite d une fièvre typhoïde survenue ii l'âge de i6 ans, il a présenté un tic extrêmement désagréable du visage. Il contorsionnait la figure pour souiller violemment par la narine droite ; la grimace, d'abord très forte et générale, s'est peu à peu précisée, et, au bout de cinq à six semaines, le tic s'est borné à un souffle bruyant et saccadé par le nez avec une contraction de la joue droite. Tous les traitements imaginables ont été essayés, et cependant le tic ne s'est plus modifié. Depuis huit ans, il est resté le même et aujourd'hui il s'exécute à peu près toutes les cinq minutes pendant la journée et souvent même la nuit pendant le sommeil du malade. Le tic persiste malgré toutes les distractions et le malade ne peut pas l'expliquer ; il croit, d'après les récits de ses parents, que de forts saignements de nez ont eu de l'influence sur la formation de ce tic, mais il n'a sur ce point aucune opinion personnelle. Le malade est très facilement lîvpnotisable, il est très vite dans un étal second, dont il ne gardera plus lard aucun souvenir. Et le voici immédiatement qui affirme comme la chose du monde la plus certaine et la plus naturelle : « J'ai une croûte dans le nez, elle me gène. » N'importe à cjuel moment on l'endort, il affirme le même chose : il est probable que cette idée plus ou moins nette, en tout cas ignorée par le malade, existe dans l'esprit depuis huit ans. Ce rêve a été. modifié et même supprimé très facilement ])endant cet état somnambulique ; ce succès facile est singulier pour une idée fixe d'une durée aussi longue et le tic a complètement disparu.
Aux idées fixes se rattachent donc des phénomènes moteurs comme des phénomènes sensitifs ; les tics, les tremblements, les chorées hystériques nous semblent un autre aspect des idées fixes.
LES IDÉES FIXES i'U
§ ^. — Les paralysies et les contractihes,
« Il V aura paralysie, dit M. Paul Richor. toutes les fois que les fibres musculaires auioiil perdu la laculté de se raccourcir sous
l'influence des excitants ordinaires de leurs contractions La
contracture sera définie : une impuissance motrice s'accompagnant d'un état de rigidité persistante et involontaire du muscle, «ans modification nf)table des réactions électriques et sans altération de texture de la fibre musculaire elle-m^me '. » En un mot, dans la paralysie, les membres retombent flasques, les muscles sont mous et relâchés ; dans la contracture, les membres gardent une position fixe qu'il est difficile de modifier, les muscles sont durs et contractés, mais dans l'une comme dans l'autre, le sujet a perdu également le pouvoir de mouvoir ses membres par un i^fTort de sa volonté. Ces deux phénomènes se ressemblent donc par un caractère principal ; ils alternent d'ailleurs et se mélangent intimement ; ils se produisent dans les mêmes conditions, présentent les mômes variétés et soulèvent les mêmes problèmes. Sans doute, dans une étude clinique complète, ces deux accidents devraient être distingués et analysés séparément, niais, puisque nous désirons simplement faire ici une revue générale des phénomènes psychologiques qui accompagnent les accidents hystériques, nous avons cru pouvoir réunir les paralysies et les contractures dans une même étude.
Les paralysies et les contractures sont, parmi les accidents, les plus intéressants de l'hvstérie ; ils constituent souvent par euxmêmes des infirmités fort pénibles et très durables; ils donnent souvent Heu à des erreurs de diagnostic et à des interventions chirurgicales au moins fâcheuses -, ils se mêlent à beaucoup d'autres phénomènes de la maladie. Quand un hystérique se plaint de douleurs, de difficultés dans les mouvements, dans la parole, dans la déglutition, de troubles digestifs ou même respiratoires, il n'est pas rare de rencontrer ici ou là un muscle contractUTé qui provoque et entretient tous les accidents. D'autre part, l'étude de ces faits a eu une grande importance historique, car elle u
1. l'aul Riclicr, Paralysies et coiUractun-s liYstcrii/ucs. ii^((<, p. i-