I. AutomalUme psycholdfjifjue. p
tailles combinaisons, certains systèmes de contractions mnscnlaires qui ont dispain. C'est pourquoi de telles paralysies ont été souvent décrites sous le nom de systématisées. M. B;d)inski, en publiant des exemples très intéressants de ces phénomènes, fait observer <jue le mol « svstémati(|ue » serait plus juste'. Il rappcllt' que systématiser désigne un acte, <( lanieiier des faits à un système », et ((ue systématicjuc s'appliijue simplement à des choses ([ui appartiennent, qui se rapportent à un système. Quoi- (|u'il n'y ait pas une «grande difTérence entre les deux termes, nous reconnaissons la justesse de celte observatirm, et nous désignons ces phénomènes sous le nom de [laralvsies systématiques.
Les plus connues el les plus nettes, parmi ces paralysies systénuiti(|ues, sont les troubles de la marche signalés par M. Charcot et M. Paul Richer en liSSS", et déciits en i8S(S par M. Blocq sous le nom u d'astasie-abasie ». M. Bl<»c(j réunit aujourd'hui sous le nom de dysbasies un ensemble de troubles de la marche dont l'astasie-abasie est le type. « C'est, dit cet auteur, un état morbide dans lequel l'impossibilité de la station verticale et de la marche norinalc contraste avec l'intégrité de la sensibilité, de la torce musculaire et de la coordination des autres mcuivcments des membi'cs inférieurs •. » Le malade, étendu sur son lit, peut lever les jambes, plier les genoux, résister aux mouvements communiqués d'une façon en apparence absolument normale; mais essave-t-il de se lever, de se tenir debout, de marcher, ses jambes s'alTaissent et se dérobent sous lui.
Dans quelques cas particulièrement curieux, le sujet conserve le pouvoir de sauter, de danser, de marcher à quatre pattes ou à cloche-pietl, etc. ; il n'est paralysé que pour un seul acte, la marche normale*. Ce syndrome, comme on le comprend, peut être varié : tantôt il est pur, comme dans la forme paralytique précédente; quelquefois il s'accompagne d'autres phénomènes. Cette incoordination motrice accompagnée de douleurs vives
1. Babinski. Paralvsii's liYstôriqucs svstcmatiques. Bulletins de la Société médicale des hôpilanx, 38 oct. i)Si(2.
■À. Pour la bibliographie et la description complète de ce syndrome. Cf. Paul Richer, op. cit., p. !\H. — Paul Blocq, Les troubles de la inarclie dans les maladies nerveuses. i8<)2, p. 5.), el la thèse réconic de M. Pierre JoUy, Contribution à l'étude de l'astasie-abasie, Lyon, 189a, p. 9.
3. Paul Blocq, Archioes de neuroloijie. 1888, et op. cit., p. ôt).
!i. Pitres, op. cit.. I, p. ^59.
28i ACCIDENTS MENTAUX DES HYSTÉRIQUES
peut, ilans des cas très rares, simuler le tabès'. Quehjuelois <m constate que le sujet, au moment où il essaye de marcher, éprouve une émotion, une angoisse analogue à celle que détermine chez «n agoraphobe l'acte de traverser une place et donne au syndrome un aspect clinique comparable à celui des idées obsédantes, cest la dvsbasie émotive de BinsAvanoer et Séiih»s°. Dans
or)
d'autres cas, on observe des phénomènes d'aboulie signalés pai- M. Régis. Il n'est pas rare d'ailleurs de voii" la dvsbasie s'accompagner de chorée systématisée que l'on peut considérer, ainsi que nous l'avons montré dans le paragraphe précédent, comme une véritable idée fixe. Rem..., paralysée pour la marche ordinaire, peut cependant marcher sur la pointe des pieds, comme si elle avait constamment peur d'écraser des objets fragiles. Enfin, M. Weill et M. Pierre Jolly ont remarqué'^ que la dysbasie de certains malades peut s'arrêter instantanément si on comprime certaines régions du corps. Ce t'ait rappelle l'influence de certaines sensations pour provoquer ou arrêter les phénomènes automatiques de l'hvstérie.
En dehors de l'astasie-abasie, on connaît d'autres paralysies systématiques moins fréquentes peut-être, mais tout aussi significatives. Un malade, décrit par M. Babinski, pouvait se tenir debout et marcher, mais se trouvait dans l'impossibilité d'exécuter volontairement des mouvements élémentaires de flexion ou d'extension des orteils, du pied, de la jambe ^. C'est une paralysie systématisée de toutes les fonctions générales du membre inférieur, à l'exception de celle de la marche, c'est l'inverse de l'abasie.
Par une analvse délicate de certains cas de paralysie faciaie, le même auteur a pu montrer une autre systématisation. Les mouvements des commissures des lèvres sont exécutés facilement des deux côtés, quand on prie le sujet de mettre en mouvement chaque côté séparément, mais quand le malade parle ou essaye de siffler, il n'y a qu'un seul côté de la face, le côté gauche, qui se contracte normalement, la commissure droite reste immobile. « Il y a ici un contracte entre l'intégrité d'un système de mouvements qu'un groupe musculaire est appelé à exécuter et l'aboli-