‹ L'état mental des hystériquesChapitre 124 sur 290 · Paul Riclior, o/). c<<.. p · texte numérisé non relu

Paul Riclior, o/). c<<.. p

'.i, Despino (d'Aix), Triileinenl rff.v maladies m'rcfuses par le inaijnélisnie. 18^0, p. tii .

!\. Pitres, op. cil., p. ^oO.

296 ACCIDENTS MENTAL\ DES inSTlRlOlES

causés uniqueineiit. à mon avis, par le souvt'iiir do ce fait que. clans une orossosse antérieure, elle a avorté à six mois. Cii'àce ù quelques précautions, l'avortement ne- se produit pas, mais quand la malade veut se relever elle est entièrement parapléoi(|ue : les jambes sont insensibles et inertes. Des queî.etj... est mise en somnambulisme, elle sent le plus lép^er attouchement aux jambes, elle se lève et marche sans dilUculté. Il est vrai que la paralvsie réapparaitau réveil, mais on arrive à la «guérir assez facilement.

Ces faits me paraissent assez impoitanls ; il laut (|ue lépuisement orcçanique dont dépend la paralysie soit bien léger pour qu'il puisse disparaître ainsi subitement au cours même dé la maladie, et les influences capables de le modifier ainsi me semblent jouer un rùle plus considérable dans la formation de l'accident.

Mais on peut quelquefois, rarement il est vrai,cai' Icxpérience est difficile, faire des remarc|ues encore plus sij^nilicatives. Au moment même où la paralvsie parait exister, on peut obtenir des mouvements, simplement en modifiant les conditions psychologiques. J'ai publié autrefois une observation cjui me semble encore avoir quelque intérêt et que je demande la permission de résumer. M. le D"" Piasecki, qui vient de mourir si malheureusement victime de son dévouement pendant l'épidémie cholérique du Havre, avait eu l'obligeance de me conduire auprès d'une de ses malades, une jeune femme de trente ans, V..., atteinte depuis six semaines d'une paraplégie hystérique... « Les jambes, qui étaient entièrement flasques et qui tombaient par leur propre poids, avaient perdu jusqu'aux hanches toute sensibilité tactile et musculaire... Leur mouvement était totalement impossible, même quand la malade les regardait; les bras au contraire paraissaient avoir des mouvements faciles et gesticulaient sans cesse ; mais je ne tardai pas à m'apercevoir qu'ils ne se remuaient ainsi qu'à une condition : il fallait que V... eût les veux ouverts et les regardât toujours ; quand elle avait les veux fermés ou ne regardait pas ses mains, elle perdait le mouvement des bras comme celui des jambes... Après avoir fait rapidement ces quelques remarques sur l'état de la conscience du sujet, je fis signe au D"" Piasecki de faire ce qui avait été convenu entre nous : il se mit à parler sérieusement avec la malade de manière à détourner complètement son attention. De mon coté, je m'écartai d'elle sous prétexte d'écrire quelques mots, (^uand je vis que, suivant

Liîs ii)i:i:s ki\l:s i97

ri.ablliulc des hystériques, elle avnil complètement oublié ma ma préseiieo, je lui t'omrnniulai tout bas «le lever un bras, de ("aire tel ou tel peste, raiulis (|ne |n-écé(leniineiit elle ne pouvait faire ;iu('un mouvement sans regardei' son hias. elle le leninait inaiiitenant sans le savoir, de toutes les laeons, même derrière son <los. Enhardi [)ar ce résultat, je lui commande de lever la jambe droite, puis la gauche, de les plier, etc. Tout cela s'accomplit très exactement et avec la plus grande facilité. Ainsi ses jambes, paralysées depuis six semaines, pouvaient facilement se remuer... seulement ce mouvement avait lieu subconsciemment, en dehors <le la pf>rsonnalité réelle du sujet (|ui, elle, avait pf-rdu le mouvement des deux jambes'. » M. Binct en rendant compte du travail précédent, ajoutait une observation encoie plus nette: « J'ajoute, disait-il, une seconde preuve : j'ai vu chez quelques sujets l'écriture automatique se produire dans des membres paralvsés". » M. Oppenhcim exprime des remarques du même genre '. Ces faits ne sont pas isolés, car nous les retrouvons dans des observations tout à fait indépendantes, dans les observations sur l'ophtalmologie externe, MM. Ballet, Bristowe, Parinaud, Raymond, K(enig et d'autres observateurs sont d accord pour reconnaître (pie malgié la paraivsie, les mouvements automatiques de l'œil sont conservés. Célestine. une malade sur laquelle nous avons vérifié l'exactitude de ces descriptions, ne peut tourner les yeux à droite, quand on l'examine au périmètre et (juand on la prie de suivre volontairement un objet qui se dirige à droite. Mais il sulHt de laisser tomber l'objet par terre ii s^ droite pour voir ses deux yeux se tourner brus(jiiement et rapidement à droite. Ces faits nous montrent donc un détail de plus, c'est que, dans certaines paralvsies au moins, bien cpi'elles semblent en apparence complètes, l'épuisement des centres nerveux n'est pas réel et que le mouvement peut encore se produire au moment même ou le sujet se déclare incapable de le faire.

Il" Théorie du développement de l'amyosthénie et de l'exaspération de la diathèse de contracture. — Les expériences précédentes nous rappellent celles (pii ont déjà été décrites à propos des stigmates ; des laits semblables ont été rapportés à propos des anes-

I. Autumatisnit' psyritologiijiie, i88i(. p. •5.')(|. •j. Bincl, Revue plitlnsnpliiquc. i8i)0, I, p. i((7. .'?. Oppcnheim, op. cit.. p. 0.

ihésies et sui-tout ;i piopits tle iloii\ altérations tlu inotn (Miiciit tri's iiiijxutantes et très fréijiuMites, rain\ oslluMiie et la illatlièse lie eontraetiire. Quand ces slioiuates existent, le nioiivenient volontaire est extrêmement ad'aihli et Ton peut se demander si cet alVaiblissement ne peut pas aller jus(|u à la paralysie véritable. C'est précisément l'opinion (|u'a soutenue M. Paul Riclier, l'un des auteurs qui ont fait de ce svmptùme l'étude la plus appro fondie. L'amvosthénie, dit-il, augmente dans diverses circonstances et « elle se transforme parfois graduellement en véritable paralysie, ou bien elle constitue un terrain favorable au développement de la contracture ' ». Cette remarque nous parait renfermer l'explication d'un certain nombre tlaccidenls.

II y a en eflet des paralysies qui se développent sans aucun choc, sans aucune émotion, sans aucun rêve (jui les explicjuent complètement, ainsi (jue M. Pitres l'a (ait remarcjuer. Voici V..., par exemple, qui reste couchée une dizaine de jours pour une bronchite de peu de gravité ; elle est bien soignée et nullement inquiète, elle ne se préoccupe d'ailleurs (|ue de sa poitrine et nultement de ses jambes. Pour([uoi est-elle paraplégique quand elle veut se lever ? Th... a eu sans doute des mésaventures relaiivemeut à sa jambe gauche ; à la suite d'un faux pas, elle a eu une légère contracture que le médecin a soignée par des vésicatoires, un appareil plâtré et l'extension continue. Elle avait le droit de présenter une paralysie de la jambe gauche, c'est ce qu'elle a fait ; mais pourquoi donc est-elle en même temps paralyti(jue du bras gauche ? Enfin pourquoi Camille devient-elle de temps en temps hémiplégi(|ue du côté gauche d'une façon graduelle et insidieuse sans aucune raison déterminante?

On trouvera, je crois, la raison de ces phénomènes en songeant à l'état antérieur de ces malades. V..., était depuis longtemps totalement anesthésique, Th... et Camille avaient déjà une anesthésie profonde du côté gauche avec perte du sens musculaire, elles présentaient déjà au complet le syndrome de Lasègue. Avant leur paralvsie actuelle, elles avaient déjà en réalité des phénomènes paralyli(|ues, elles ne pouvaient remuer volontairement leur côté gauche f|u'en le regardant, elles ne pouvaient plus le remuer volontaiiement pendant la nuit. Nous avons déjà décrit cette paralvsie intermittente des hystéri(jues, qui ont bc-

Page 1