I. P. Richer, op cit
Si.in de voir leurs inciubres anesthési(|iM's [xuir y hiiic utlciilioii et se re|)r»''Sf'iitei- leur mouvement et (|ui les oublient eoniplètenient dans l'obscuiité. Leiir paralysie actuelle est-elle bien ilifTérente de leur faiblesse antérieure ? Elle n'en dillere que par le degré; les malades ont pei-du plus complètement encore le pouvoir de saisir dans leur perception pers()nnelle les images relatives à leur côté gauche. Cette augmentation de leur distraction normale n'est même pas très surprenante. Nous savons que les hvstéri((ues dont le champ de conscience est très rétréci ne conservent dans leur perception personnelle que les phénomènes élémentaires les plus indispensables, ceux (jui sont actuellement utilisés. Or, dans le cas présent, la maladie a encore augmenté cet épuisement général du système nerveux et ce rétrécissement de leur champ de conscience ; d'autre part, le séjour au lit les a empêchées d'utiliser leurs images motrices et surtout les images relatives à leurs jambes et à leur côté gauche, il est tout naturel qu'elles les oublient plus complètement que jamais.
'Nous sommes d'autant plus disposés à accepter cette hypothèse que c'est précisément chez ce genre de malades (jue nous observons le plus nettement les modifications de la mobilité pendant le somnambulisme et la conservation des actes subconscients malgré la paralysie. Nous pensons donc que chez elles les accidents paralvti(]ues ne sont qu'un développement des stigmates, une manifestation particulière de l'épuisement général et du rétrécissement de la' conscience. Dans certains cas, les stigmates s'accompagnent d'un développement remarcjuable des actes subconscients, les membres anesthésiques sont disposés à la catalepsie partielle et, à toutes ses variétés, ils présentent en même temps une aptitude étonnante à entrer en contracture. Une excitation quelconque, même légère provoque ces contractures. Nous n'avons pas la prétention d expliquer complètement ce phénomène, de dire la part qu'y prennent la moelle ou le cerveau, nous savons seulement qu'il s'y mêle des phénomènes psychologiques incontestables, et que, malgré l'anesthésie du membre, les diverses excitations provoquent des sensations distinctes. N'est-il pas naturel que des excitaticms du même genre développent des contractures sur ces membres anesthésiés et paralysés, abandonnés par la personnalité et livrés aux phénomènes subconscients ? Nous voyons, dans certains cas, comme dans l'observation de Barb..., des jambes complètement anesthésiques
300 ACCIDENTS MENIAIA lŒS HYSTÉRIQUES
présenter iilteriuitivement si)it des phénomènes de chorée rvthraée, soil des contraclures, soit de la catalepsie partielle, soit de la paralysie. C'est qu'en effet ces différents phénomènes sont très voisins les uns des antres et peuvent se mélanger intimement.
Cet explication nous paraît applicable à un groupe assez net d'accidents, les paralysies et les contractures que nous avons qualifiées de générales, celles qui prennent l;i l'orme paraplégique et surtout la forme hémiplégique. Elles présentent un aspect caractéristique et nous paraissent réclamer une inteiprétation distincte.
5" Théorie des paralysies et contractures par idée fixe. — Il est bien évident qu'il ne peut être question d'appliquer les théories précédentes à toutes les paralysies. Beaucoup se développent chez des sujets qui n'avaient antérieurement ni anesthésie, ni amyosthénie, elles se forment rapidement et elles ont un aspect tout différent. Au lieu de frapper un coté du corps, elles portent sur un seul membre qui a été le siège d'un traumatisme, ce sont des monoplégies. Dans quelques cas, le traumatisme peut porter accidentellement sur les deux membres d'un même côté et pro- <luire une hémiplégie apparente qui ne seia pas cependant identique aux précédentes. M. Charcot, après avoir rapporté le cas d'un homme qui devient hémiplégique du côté gauche après s être couché de ce côté au fond d'un puits, prcqiose, à notre avis très justement, d'appeler ces phénomènes des inonoplégies doubles ' .
Ce sont des paralysies de ce genre que M. Charcot a étudiées en i88^-i885 et qu'il a rattachées, comme M. Russel Revnolds, à des phénomènes d'auto-suggestion, à des idées fixes. Cette conception soulève évidemment de très grandes difficultés et n'a pas la prétention d'expliquer tous les détails, mais elle nous paraît encore aujourd'hui la plus vraie et la plus générale. Nous allons tâcher de mettre en évidence l'existence de ces idées fixes.
1" Ces accidents, comme on la vu, ont un début bien net; ils ■datent d'un accident, d'une émotion qui peut être nettement représentée dans l'esprit du malade. Le plus souvent, il y a eu au ■début une contusion ou même un véritable épuisement nerveux