‹ L'état mental des hystériquesChapitre 133 sur 290 · I. Pitres, op cit.. I, p. 2.'5o · texte numérisé non relu

I. Pitres, op cit.. I, p. 2.'5o

a. Briquet, op. cit., p. 347 3. Pitres, op. cit., I, p. 207.

et d'''lirante, ou bien elle sent au bout de ((ueb|ues minutes Técoulement de ses rèji(les qui réapparaissent avec abondance, (juel que soit le moment de l'émotion, ou bien, si ces deux manifestations <le l'émotion n'ont pas eu lieu, elle éprouve de grands malaises, et, au bout de quel([ues heures, elle est couverte des pieds à la tète de petits boutons rouges gros comme une tète dépingle, (|ui ne causent point de démangeaisons et fjui disparaissent vers la fin de la journée. Que ces faits phvsi()logi(|ues soient sous la dépendance des phénomènes psychologicjues ou cérébraux, comme cela arrive, je crois, très souvent, ou qu'ils en soient indépendants, ils existent pendant l'attaque d'une manière certaine. Je me propose, dans cet ouvrage, d'examiner surtout les phénomènes mentaux de l'hvstérie ; ils sont les plus évidents et les plus nombreux, peut-être même est-il indispensable de les bien connaître avant d'aborder 1 étude plus complexe de la phvsioloffie de l hystérie.

Les attaques étant au moins au premier abord très diverses, je décrirai d'abord séparément les principales variétés avec les phénomènes psvchologi(jues les plus importants qui les caractérisent, puis un dernier paragraphe réunira autant (jue possible les notions les plus générales que nous pouvons aujourd'hui exprimer sur l'automatisme psychologique dans les idées fixes et dans les attaques.

§ 1. Axt.VQLE ÉMOTIONNELLE OU ATTAgUE DE BRIQUET.

Nous proposons de donner le nom de Briquet à l'attaque hystérique la plus vulgaire, que l'on désigne sous différents noms, petite attaque d hvslérie ou crise de nerfs. C'est un ensemble de phénomènes sensitifs et moteurs assez peu complexe au premier abord; les malades se plaignent de diverses souffrances, portent les mains à la gorge comme si elles suffoquaient, « comme si une grosse boule, un gros marron, leur montait dans la gorge et les étouffait », ces sensations diverses constituent les prodromes, l aura de l'attaque, puis elles tombent à terre, perdent le plus souvent connaissance, s'aaitent en mouvements désordonnés, «nfin se réveillent au bout d'un temps en général assez court, un quart d'heure par exemple, en pleurant et en gémissant. Il est <liiricile de préciser beaucoup celte description générale, car cette

petite crise de nerfs est très variable suivant les malades ; il me semble cependant qu'elle prend surtout thnix formos particulières, la l'orme convulsive et la forme syncopale. La première attaiiue, très bien décrite par M. Pitres', est surtout caractérisée par les mouvements désordonnés qui surviennent après l'aura, (juand la malade est tombée et a perdu connaissance. Ce sontdes contractions toniques {|ui produisent d'une manière presque constante une attitude très particulière et justement considérée comme caractéristique ; les malades se raidissent, puis semblent

chercher à exagérer encore cette extension en renversant la

tète, en courbant le dos en arrière et en soulevant le ventre, elles ne portent plus sur le lit que par la tète et par les pieds, elles « font le pont », suivant l'expression consacrée. Puis, après ces contractures générales ou mêlées avec elles, ce sont des convulsions irrégulières sans qu'un mouvement bien déterminé se répète, la tète s'agite de coté et d'autre, les yeux s'ouvrent et se ferment, la bouche grimace ; tantôt les malades serrent les dents, mais sans se mordre la langue, tantôt elles ouvrent la bouche et poussent des cris de toute tonalité. Les bras s agitent en tous sens, frappent au hasard sur les objets environnants et sur la poitrine de la malade, les poings se ferment et s'ouvrent alternativement. Les jambes se tendent, puis se fléchissent. En un mot, toutes sortes de mouvements se font sans grande signification. Pendant ce temps, la respiration est bruyante, irrégulière, les battements du cœur sont précipités, le visage est congestionné sans être cependant violacé comme dans les accès épilepti(]ues. « Le calme se rétablit d'ordinaire assez brusquement, les malades restent quelques secondes comme étourdis ; ils se frottent les paupières, regardent avec étonnement les personnes qui les entourent et demandent ce qui vient de se passer. Quand l'attatjui^ a été de courte durée, ils réparent tout de suite le désordre de leurs vêtements et reprennent sans plus tarder leurs occupations habituelles. Quand, au contraire, les convulsions ont été violentes et prolongées, ils éprouvent un grand scmtiment de lassitude (|ui les oblige à se reposer pendant quelques heures, ils ne tombent cependant pas dans l'état de sommeil stertoreux (|ui succède habituellement aux accès épileptiques ^ »

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