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Pitres, op. cit., I, p

318 ACCIDENTS MENTAUX DES lIYSTtRI(^)UES

contrariété et lu ooléro provoquent plus d'attaques encore ; Dec. a eu une attaque après une réprimande de sa mère. Doin, après une scène que lui a laite son mari. Kyn.. /elm. et bien d'autres sont tombées en attaque après s'être mises dans une violente colère. Enfin la surprise, la peur, la terreur sont la grande cause des attaques. Salz est tombé en crise en voyant un accès épilepticiue dans la rue, X. en voyant un homme tomber d'une tenètre, Baun, après avoir mis le feu à sa robe avec une lampe à pétrole. Genp. après avoir découvert un incendie dans la cuisine, Pau. après avoir été poursuivie par un inconnu au moment de ses règles, Gai. après avoir trouvé un voleur caché dans la cave, etc., etc. Souvent il s'agit d'un accident complexe (jui a provoqué à la fois de la douleur et de la terreur : Alz. a été écrasé par un ascenseur qui est tombé sur lui, il a eu l'épaule gauche blessée et depuis il a des attaques formidables. Il est inutile de multiplier indéfiniment ces exemples, nous remarquerons seulement que les attacjues syncopales sont plus souvent le résultat des terreurs que des autres émotions.

Mais cette émotion constatée dans la première attaque semble bien terminée, les malades sont maintenant bien tranquilles, elles ne voient plus dincendie, et ne découvrent plus de voleurs dans la cave, pourquoi continuent-elles à avoir des attaques? Nous crovons (juc l'on peut constater à chaque atta(jue nouvelle la reproduction de l'émotion primitive. Dans (juelques cas, on peut reconnaître ce fait en examinant l'attitude et les mouvements pendant l'attaque convulsive elle-même. Célcstine, Zelm. ont bien encore des attaques de colère, leurs yeux sont étincelants, leur visage menaçant, leurs poings fermés et prêts à frapper ; la seconde, d'ailleurs, précise les choses d'une manière énergique, elle répète au milieu de ses convulsions ces paroles : « Touchez pas, ou je tape ». Pau. est toute tremblante, elle se cache la figure dans ses mains ; Gai. se détourne avec horreur et cherche à fuir en criant: « Oh ! maman, cet homme ! » Ce ne sont que des paroles rares entrecoupées, car nous ne rangeons pas dans cette catégorie les malades (|ui parlent réellement dans leur attaque. L'attitude, le geste sont ici significatifs et rappellent souvent la nature de l'émotion initiale : douleur, colère ou terreur.

Quand la petite attaque convulsive n'est pas par elle-même significative, étudions les phénomènes psychologiques qui se ma-

nifcstenl encore pendant la période (|ui la précède, pendant l'aura. Beaucoup d'auteurs, et M. Pitres en particulier', ont insisté sur l'existence d'une aura psyclii(jue (jui joue dans l'attaqur un rù\c aussi inipoitant (|ii(' l'aura sensitive et abdominale, que l'ascension de la boule. Les malades chan<rentde caractère (juel- (jue temps avant l'attaque ; elles sont troublées et émues et cette émotion qu'elles ressentent d'une manière plus ou moins vague est, si l'on veut bien le remarquer, toujours la même pour chacjue malade. Elle est toujours en rapport avec l'émotion initiale : Célestine est en colère « sans savoir pour(|uoi » ; Pau. a peur « comme si un malheur allait lui airiver ». Mais nous désirons insister sur la descri|ition d'une aura que nous avons fréqueminent étudiée et (|ui est très caractérisli(|ue. Une malade souvent décrite tlans cet ouvrage, Berthe, est une jeune fdle très douce et très aimante, elle recherche la société, plaisante et rit d'ordinaire sans se fâcher. A de certains moments, le matin surtout, elle change d'attitude, répond sèchement et parait mécontente de tout ce qu'on lui dit ; puis elle s'excite et se plaint d'un mot qu'on lui adresse, elle le trouve peu poli, et elle v voit une intention iionique. La voici qui parle seule de plus en plus haut, elle exhale des plaintes (jui, d abord, ont rapport aux personnes présentes, puis qui deviennent de plus en plus générales. Maintenant, elle ne fait plus attention à personne et lance ses formules ; ce sont des phrases toujours les mêmes, absolument stéréotypées, (ju'elle répète régulièrement dans les mêmes circonstances, qu'elle écrit même à ce moment, car il lui prend fantaisie quelquefois d'en composer une lettre. « Je connais bien tous ces gens qui ont Pair de me porter intérêt et (jui n'ont pour moi que du mépris... Je connais bien 1 égoïsme, la perfidie, le mensonge de ce monde all'reux... Dans cette mêlée humaine des paroles amères, des cris discordants, des mensonges, des calomnies... Haïr son prochain, tout ce qui existe... C'est peut-être demain que ceux (|ue je hais soulï'riront; oh ! comme je vais bien dormir avec cette belle espérance... Il ii'est rien de plus noble que la haine, elle n'a pas besoin d'être partagée, elle ne connaît pas d'infidélité... Sur le fond vide du ciel m'apparait cette redoutable et consolante figure de celle qui afTranchit de tout cet esclavage, délivre de tous ces maux, la Mort..., etc. » Ces déclamations,.

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