‹ L'état mental des hystériquesChapitre 136 sur 290 · Pitres, op. cit., I · texte numérisé non relu

Pitres, op. cit., I

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toujours les inènu's, se prolongent pendant j)lus d une heure, puis la malade sexcile de plus en plus, nièle des cris, des hurlements au milieu de ses phrases, se roule par terre et, quoi- (lu'elle semble perdre connaissance, continue encore au milieu de ses convulsions les mêmes cris et les mêmes malédictions.

Dans un pareil accident, il y a deux phénomènes à distinguer: les maléiliclions et les cris du début qui, par leur régularité et leur systématisation, forment un état émotif un peu particulier, mais très net, et les mouvements cinivulsifs de la fin. De ces deux phénomènes, lequel est cliniqucment le plus important, lequel détermine l'autre ? C'est, à mon avis, la persistance et la reproduction automatique de l'état émotif. C'est là la vraie maladie de cette jeune fdie, maladie mentale qui s'est formée peu à peu à la suite de toutes sortes de malheurs vraiment épouvantables ; les convulsions ne sont qu'un incident, une manifestation passagère et non nécessaire de l'état émotif. Les phénomènes psychiques de l'aura qui, chez quelques malades, sont si nettement exprimés, nous montrent la répétition de l'émotion originelle.

Mais les dilRcultés sont plus grandes quand on examine d'autres malades qui n'ont pas une aura psychique aussi prolongée, ni aussi nette. On peut encore, chez quelques-uns, découvrir le rôle de l'émotion en examinant la nature des causes (jui amènent facilement la reproduction de l'attaque. Georges tombe en attaque rapidement, presque sans préambules, mais on s'aperçoit qu'il est tombé parce qu'il regardait le feu dans le poêle. On peut provoquer l'attaque en lui montrant une allumette enflammée ou seulement du papier rouge, et dans l'attaque qui survient, il essave de se sauver, crie « au feu », appelle les pompiers. N'ai-je pas le droit de dire qu'une association d'idées a permis, ii propos de la vue d'une petite flamme, la reproduction de l'émotion qu'il a eue en vovant un incendie dans la cuisine ? Si on touche l'épaule de Alz. au point (jui a été blessé dans la chute de l'ascenseur, on provoque une attaque dans la(|uelle il fait sans cesse des gestes de terreur, comme s'il allait être écrasé. Nous avons déjà montré la nature de ces points hyperesthésiques, dont l'att(mchement provoque des sensations déterminées capables de réveiller un état émotif ancien ; ils deviennent hystérogènes quand l'état émotif qu'ils réveillent s'accompagne de convulsions.

Enfin, bien des malades ont des attaques dont le caractère psychologique est encore moins distinct; l'émotion n'est en au-

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ciiii' riiiiiiirif' c\[)iiim''c [cir lo iikiIikIc. (|ui semble mémo l'igiioi-er enlièrcnieiit. Avant de nier son existence, il faut i-eehereher si l'idée lixc n'existait pas d'une manière subeonseiente, comme cela est si Iréquent chez l'hystéricjue. Par exemple, certaines attaques qui se développent parfois pendant la nuit « sont causées par des rêves ellravants qui se rapportent au clioc moral qui a déterminé chez le malade le premier accès' ». Le malade se se réveille sans souNcnir du rêve (pii a jirovocpié ralta(|uc; ce rêve est cependant réel, il joue même dans 1 accident le rôle le plus important et on peut constater son existence soit par les paroles (juc le sujet [)ron()nce r.n dorniaut, sctil par le récit qu'il en fait en somnandjulisme. Il en est de même pour les attaques qui ont lieu dans le jour, elles sont aussi la conséquence, la manifestation d'un rêve; mais le sujet rêve sans le savoir, sans pouvoir s'en rendre compte consciemment et on ne pourra le constater que par l'étude des phénomènes subconscients. Nous demandons la permission de rappeler, à ce propos, une observation déjii ancienne que nous avons publiée en 1886. Lucie avait de grandes attaques dont elle ne pouvait aucunement, pendant la veille, expliquer la nature; elle souffrait, avant l'attaque, de sensations vagues, d'un état d'ahurissement général qu'elle ne pouvait expliquer. Pendant le somnambulisme profond, elle raconte en détail les hallucinations qui surgissent pendant la crise et qui provoquent la terreur : ce sont des hommes qu'elle voit à demi cachés derrière les rideaux de sa chambre. Cette image reproduit un fait réel qui a eu lieu il y a plusieurs années et dont elle a gardé, en somnambulisme seulement, un souvenir minutieux". Bien mieux, si on arrive à provoquer chez elle l'écriture automatique pendant la période de l'aura, sa main écrit sans cesse : « J'ai peur, j'ai peur », tandis que Lucie, encore éveillée, déclare qu'elle n'a pas peur et ne sait de quoi je veux parler quand je l'interroge sur ce point ^. X..., également, n'explique ses crises que si on la met en somnambulisme. Elle a une attaque à aura génitale dont elle ne peut rendre aucun compte quand elle est éveillée. Une fois en somnambulisme, elle se souvient très bien qu'elle pense encore ii son mari et aux

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