Aiiloiitalisme iJsycliolo(ji(jue, I^i8(j, p. ^>j
LES ATTAQUES • 3il
hiisaif siin[)l(Mueiil {|iiel(jiit'S inuuvfriu'iils de délcnso désespérée ou poussait des cris inarticulés. Enfin la malade remuait de plus en plus et entrait dans uiie sorte de délire somnambulique lort curieux, pendant lequel elle avait la sin<^ulière habitude de descendre à la cuisine et de se faire un dîner sommaire qu'elle tnanf:reait de bon appétit, tandis qu'elle refusait de manger penihint la veille'. Ces deux, obseivations ressemblent singiilicielucnt à celles (jiii ont été décrites par M. (^harcot et jiai' M. Paul Kiclier; dans la première, la période épile|)toïde est plus nette, dans la seconde, la phase des attitudes passionnelles est extrêmement caractéristique. Mais les deux attaques n'en sont pas moins conformes à la description classique. Pour notre part, en tenant compte des conditions dans lesquelles ces deux observations ont été recueillies, nous sommes disposé à croire que ce genre d'attaques complètes se développe quelquefois d une façon tout il fait naturelle.
Nous ajouterons seulement (jue ce phénomène est assez rare; ■-III' un assez grand nombre de malades que nous avons étudiées iious-même pour la première fois, nous ne trouvons que ces deux exemples qui soient entièrement conformes à la description connue. Des hvstéries peuvent être extrêmement graves sans (jue ces crises s'v rencontrent ; nous ne crovons pas que litn puisse mesurer la gravité d'un état hvstéricjue d après la présence ou ou l'absence de ce symptôme particulier.
Cette attaque, malgré sa rareté, est très importante. D abord elle représente, au point de vue de l'enseignement, un tvpe, un schéma vraiment admirable. Une seule attaque montre tout ce que les hvstériques sont capables de faire, et les autres crises peuvent être présentées comme des fragments détachés de cette attaque. La description de l'attaque complète par M. Charcot a permis de mettre de l'ordre dans l'exposé si dillicile des diverses atta(pies d'hystérie. Cette attaque est encore intéressante à un autre point de vue : l'ordre des phénomènes qui se succèdent est assez régulier chez les malades de ce genre et ne semble pas être arbitraire. Chez la plupart, les phénomènes de délire et surtout les phénomènes du somnambulisme ne se développent qu à la lin de l'attaque, les convulsions épileptoïdes, quand elles
I. {iitomntisme psychologique, p. 5o. L'anesttiésie hvstériqup. Archives de neuro^ lo<iie. i.S()2, I, p. 333.
se présonloiit, sont bien plus lréi|n(Mites au coninuMicoinont. Or tos deux manitoslations correspontlent à deux états psychologiques bien dilTérents. Au début de ratta(]ue de Rose, quand elle tombe évanouie, pâle, et que ses membres ne présentent que des trémulations vagues sans mouvements d'ensemble, nous ne pouvons constater ni provoquer aucun phénomène psychologique bien net. Les suggestions ne sont pas exécutées; les impressions périphériques, si elles sont senties, ne sont aucunement comprises et nous ne pouvons même parvenir à provoquer cet état de catalepsie élémentaire dans lequel les membres gardent les positions où on les place. Un peu plus tard, dans la période des mouvements convulsifs, les mouvements sont associés, coordonnés par une sensation douloureuse; on peut d'ailleurs lacilement provoquer les postures catalepticjues et même des mouvements simples en rapport avec des sensations déterminées. Enfin, dans les phases suivantes, il y a évidemment des rêves déjà compliqués; on peut entrer en relation avec le sujet, provoquer de lécholalie, donner des suggestions qui seront exécutées, diriger le cours des rêves, etc. Très facilement on transforme l'attaque à ce moment en un somnambulisme complet, c'est-à-dire en une véritable existence psychologique. N'y a-t-il pas ici un développement évident des phénomènes psychologiques ? Le sujet ne semble-t-il pas avoir passé d'un état où la conscience est sinon nulle, au moins disséminée et rudimentaire à un état où la conscience est bien plus développée et présente de nouveau une certaine unité ? Sans reprendre ici ces considérations que nous avons développées autrefois', nous pensons encore que ce genre d'attaques nous fait assister à la formation d'une seconde existence psychologique. L'étude de l'attaque complète de M. Charcot nous amène, comme une introduction nécessaire, à l'étude du somnambulisme.
§ 5. — L'altomatisme dans l'attaque et dans les idées fixes.
Les attaques hystériques, quand on les considère par leur coté psychologique, semblent dépendre de certaines émotions, images ou idées qui se reproduisent dans l'esprit des malades; elles