‹ L'état mental des hystériquesChapitre 146 sur 290 · I. Aulornalisine pSYcholorjiquc, p. 4g · texte numérisé non relu

I. Aulornalisine pSYcholorjiquc, p. 4g

fconil)l<'iil donc (liHérci' peu des ;iiitres accidents livstérif|iH'S ot se rattacher, comme la plupart d'entre eux, à des idées fixes plus ou moins complexes. Il est donc possible de résumer simultanément l'étude de ces divers accidents en examinant les caractères généraux fjoc |)i('Miioril les idées fixes dans l'hystérie. Celte t'iude d'ailleurs pourra être ici considéiablement ahrégée, si l'on veut bien se souvenir des caractères et des conditions étudiés précédemment à jiropos de la suggestion. 11 n'est pas dillicile, en elfet, de constater l'analogie très grande (pii existe entre les suggestions et les idées fixes.

Il n'est pas nécessaire d'insister sur la durcc de pareilles idées fixes, ce caractère était manifeste dans toutes les observations : les hvj)eresthésies, les paralysies, les contractures d'origine psychique peuvent durer des années. C'est à l'âge de treize ans que Marie a arrêté ses règles par un bain froid et à dix-neuf ans elle a encore une grande attaque à propos de cet incident; c'est à l'âge de neuf ans que Lucie a vu ces hommes cachés dans les rideaux qui l'ont effrayée et à vingt et un ans elle a encore tous les jours une attaque de terreur pendant laquelle elle reste une heure en contemplation devant ses rideaux. La fréquence des répétitions est aussi évidente : des tics, des sj)asmes, des attaques répètent tous les jours on même plusieurs fois par jour le même incident. Nous n'étudierons pas non plus en détail la facililé 'Avec laquelle ces idées fixes se développent; quand elles sont une fois bien organisées dans l'esprit : il suffit de la moindre chose, du signe le plus insignifiant pour déclencher le ressort et proviKjuer l'apparition d'une longue suite d'images. Ces images sont si précises et si complètes qu'elles se transforment sans cesse en hallucinations et en niouK'emenls. Ce sont là des caractères (pii ont déjà été décrits à propos des suggestions et (jui se représentent ici sans modification.

Nous croyons plus important d'insister sur un caractère essentiel de ces idées fixes, c'est leur réi^ularité. Quelques malades, les plus simples, n'ont qu'une seule idée fixe toujours la même et elle se reproduit toujours semblable à elle-même dans toutes les circonstances. Marceline a eu des contractures des muscles masticateurs, des spasmes de rœso[)hage, des contractures du diaphragme, des muscles abdominaux, des sphincters de l'anus et de l'urètre. C'est là son symptôme hystérique et c'est le seul qu'elle reproduise continuellement. A propos d'un reproche,

il un chai;rin. cl une Iravour. etc., elle contracture tous l(>s muscles ([ui ont ra[){)ort an système digestir et elle n'a jamais d autre accident. Justine aura son idée fixe du choléra et l'attaque qui la manifeste à propos de n'importe quel événement. Vel... a eu pendant huit ans son tic du nez, déterminé, comme on l'a vu, par le souvenir subconscient d'un croûte dans le nez; il a été guéri très vite et il nous a quitté. Sept mois après, il nous écrit ([u à la suite de malheurs tle famille et de pertes d'argent dans son commerce, il est de nouveau malade. Quel accident peut bien présenter cet homme hystérique, prédisposé aux idées fixes, h la suite de pertes d'argent? De la tristesse, des idées de remords, de ruine..., etc.? Non, il revient avec son tic du nez et avec son idée subconsciente de la croûte dans le nez. Il est encore guéri; quelques mois plus tard, il est atteint de diarrhée, de cholérine légère et voici encore le tic du nez qui réapparaît. Médicalement, c'est l'homme à la croûte dans le nez, il est indispensable de le savoir pour traiter chez lui n'importe quel accident. On pourrait, en voyant des cas de ce genre, nier le rapport que nous avons établi entre l'accident hystérique et la cause provocatrice, mais il faut constater que dans ces cas l'accident hystérique n'est pas primitif, il n'est que la répétition d'un accident ancien qui avait autrefois sa raison d'être et qui se reproduit toutes les fois que la résistance morale de l'individu est diminuée.

Quand on considère le développement môme de cette idée fixe, on constate la même régularité. Les chorées, les contractures, comme les attaques, restent chez le même malade toujours les mêmes; les procédés qui ont une fois réussi pour provoquer ou arrêter un accident réussissent toujours. La sensation que déterminent ces procédés est associée avec tel ou tel élément de l'idée fixe et les amène régulièrement à sa suite. Il sullit d'élever en l'air les bras de Lucie dans la position de la terreur, il sudit de bâiller devant Ro... pour provoquer leur attaque, et la succession des faits sera toujours parfaitement régulière'. N'est-il pas curieux, quand on entre à la Salpêtrière, de trouver d'anciennes malades, Wittm..., Hab..., Clés..., exactement telles qu'elles ont été décrites il y a quinze ans? Si l'on veut agir sur

r. M. l'aul RichfT, op. rit., p. 728; M. Pitres, op. cit.. I, p. 217, signalent des faits nombreux du même genre.

leurs syniplAinos, arrrtri- nue athujiio, provoquer ou enlever une contracture, il faut connaitre avec précisicni les anciennes études faites autrefois sur elles. Celui rpii ne les ((tiiiiaît p:is, n aiiia aucune action sur ces malades; il ne faut pas dire qu'il ne c«>nnaît pas l'hystérie, mais seulement qu'il ne connaît pas ces hystériques-là.

Cette régularité a donné naissance^ à l>ien des théories singulières et môme à des erreurs nraves. I/atlouchement de tel point du corps donne naissance ii des spasmes, à des idées erotiques, elc%.., donc il est spasmogène, érotogène, on le cherchera et, ce qui est pis, on finira par le faire naitic chez d'autre malades. Tel individu ne peut accomplir un acte que pendant le jour, donc le jour a une influence dynamogénique et tout sexpli(pie par le nond)re des vibrations lumineuses. On transforme ainsi en lois de la maladie en général et même en lois physiologiques de l organisme des associations d idées du sujet'. Certes, les auteurs comme Noizet, Liebault, Bernheim ont rendu un grand service en montrant l'influence énorme de la suggestion dans ces prétendues lois physiologiques. A mon avis, ce n'est pas uniquement la suggestion qui intervient, mais aussi les idées fixes naturelles, les habitudes, les associations d'idées. L'expérimentateur est d'autant plus disposé à se tromper en constatant cette régularité qu'il est convaincu, et à juste titre, de ne pas l'avoir suggérée. Elle n'en est pas moins due à un phénomène psychologique dont il faut démêler la nature dans chaque cas particulier.

Quand plusieurs idées fixes, comme cela arrive très souvent, se sont développées dans l'esprit du niahule, la régularité des phénomènes psvchologi([ues sera évidemment plus dillicile à percevoir, mais elle n'en existe pas moins. On peut constater, nous n'osons pas dire des lois, des idées fixes, mais un certain ordre dans lequel les phénomènes se présentent le plus souvent. 11 est rare que plusieurs idées fixes coexistent dans l'esprit d'un même malade sans s'influencer réciproquement. Ce n'est que par exception ([ue certaines hystériques ont deux ou plusieurs idées fixes indépendantes qui se développent chacune de son côté comme si elle était seule : X... a une crise composée de convulsions et de cris de douleur quand elle pense à son mari et une

• I. Automatisme psycholoijiijitc, pp. i5i^, lôij.

;Ur. ACCIDENTS MENTAUX DES HYSTÉRIQUES

attaque extatique pleine de ri^vcs délicieux (|u;iiul elle pense à son amant. Le plus souvent, il n'en est pas ainsi et les iilées fixes ne sont multiples qu en apparence : elles dépendent les unes des autres. Is... ii la suite d'un viol et d'un aecoueheinent clandestin, présente d'abord une anorexie (idée fixe de suicide subconsciente), puis des colères et des violences (idée subconsciente d'homicide pour se venger); enfin elle parait rét-ablie mais présente une bizairerie mentale : elle ne peut tolérer la vue des petits enfants, elle a envie de les battre; elle résiste, mais si elle reste trop longtemps en leur pi'ésence, elle a une attaque (rêve subconscient de son enfant cause de tout son malheur). Il faut toujours bien distinguer, dans la description clinique d'un malade, ces idées fixes secondaires de l'idée fixe primitive, cela est essentiel pour le diagnostic et pour le traitement.

Ces idées fixes se recouvrent les unes les autres et la dernière parait en général exister seule. Quand, par suite de diverses circonstances et en particulier à la suite d'un traitement psychologique, la dernière, l'idée fixe actuelle, disparait, on est tt)ut étonné d'en voir surgir une autre, qui est précisément l'idée fixe précédente. Celle-ci effacée, réapparaît en troisième lieu une autre idée plus ancienne. Il semble que, dans ce cas, les idées fixes soient disposées en couches stratifiées et qu'on les mette au jour les unes à la suite des autres. Nous avons insisté si longuement autrefois sur cette question des idées fixes stratifiées, que nous n'osons répéter ici cette étude.

Enfin, il ne faut pas oublier qu'un esprit qui a été obsédé par une idée fixe reste pendant quelque temps, même après disparition de son idée fixe, dans un état de faiblesse tout particulier, très disposé aux suggestions et très propre à recevoir une quantité d'idées fixes nouvelles. Il en est de l'esprit après l'obsession comme d'un organe qui a subi une première infection ; même après la guérison apparente, il n'est pas tout de suite revenu à l'état d'intégrité primitive. L'esprit, comme l'organe, reste en état de réceptivité, et si l'un s'infecte par tous les microbes qui auraient auparavant été sans action, l'autre est envahi par des idées fixes innombrables pour des prétextes insignifiants. Justine était tourmentée depuis quatorze ans parla seule et unique idée fixe du choléra. Quand j'ai enlevé cette idée fixe primitive, j'ai vu la malade traverser une période singulière: dans l'espace de quelques mois elle a présenté une douzaine d'idées fixes diffé-

LES ATTAQUES 3i7

rentes provoquées par les incidents de la vie journalière ; dès que j'en enlevais une. il en renaissait une autre. Ce sont des idées secondaires par su^<.(('slihilité cpiil est éfralement indispensable de connaître, si l'on veut jamais entreprendre le traitement de ces maladies.

Knlin, pour bien aj)|néciei' le dc-nré de cett{! icfrnlaiilc' dans chacpie cas particulici-, il reste une distinction ;i lairc. Il faut tenir compte du degré et surtout de l'ancienneté de la maladie. Les hystéries qui débutent, qui sont encore en formation, en évolution, ne sont pas sur ce point identiques aux hystéries entièrement constituées '. Au début de la maladie, il semble que le mécanisme des idées fixes ne soit pas encore parlait ni définitif, et les attaques qui en dépendent sont encore jusqu'à un certain point modifiables. Des suggestions faites dans des conditions variées pour atteindre ces phénomènes le plus souvent subconscients, des émotions nouvelles, des spectacles extérieurs qui font impression sur l'esprit soit pendant la veille, soit même pendant l'attaque, peuvent tranformer et compliquer ces attaques. J'ai rapporté autrefois l'histoire de trois hystériques que j'avais étudiées d'abord dans des salles dilVérentes de l'hôpital du Havre et qui présentaient chacune une attaque particulière. Plus tard elles furent réunies dans une même salle et « je fus tout étonné de voir qu'au bout de quelque temps, elles avaient confondu leurs symptômes et qu'elles avait maintenant toutes les trois la même crise, avec les mêmes mouvements, le même délire, les mêmes invectives contre le même individu. Un peu plus il se formait dans cette salle un nouveau tvpe d'hystérie (|u'on aurait pu étudier plus tard comme naturel"'». Cette imitation joue d'ailleurs un rôle bien connu dans les grandes épidémies de possession. Mais ce qui est intéressant à remarquer, c'est que cette disposition à modifier les crises par imitation et par suggestion ne dure pas toujours. On remarque aisément, en examinant les malades de la Salpêtrière, que la contagion ne joue pas chez toutes le même rôle. Les malades jeunes, dont l'hystérie commence sont très accessibles à cette contagion et, h cha(|ue instant, on constate dans l'attaque d'une de ces malades un détail, un élément

I. Pour cette distinction di's clifléroiits dc^TLS d<; l'IiYslérie, \oir Slignialft; mcnlaiix lie riiyslérie, p. /|5.

■À. Automatisme pgycliolnyiijiie, p. /i'|(j. — Briquol sij:nalail autrefois des faits du mùinc genre, up. cit.. p. 38y.

348 ACCIDENTS MENTAIX DES UYSTtRlQUES

emprunté à une voisine. Berthe se met h crier: «Petite femme...

patapan » Ce sont des mots de son amie Renée. Lee. se met

à secouer sa tète comme Mar., etc. Au contraire, les hystériques

âcrées dont la maladie est très ancienne restent immuables; il o

semble que llab. ou Clés, ne daigiient pas modilier leur attaque classi(]ue par l'introduction d'élémonis empruntés ii des petites malades nouvellement arrivées. En réalité, leurs atta(|ues nr sont plus guère modifiables par aucun procédé, 1 organisation en est difinitive, et la régularité en est devenue parfaite, il y a donc une période ou les malades organisent pour ainsi dire leurs idées fixes et leurs attaques, réunissent, systématisent des émotions, des mouvements, des idées, empruntés de côté et d'autre, les transforment plus ou moins par une sorte de méditation subconsciente. Le système se régularise de plus en plus et finit par devenir immuable ; la régularité parfaite dans l'association des idées, dans leur succession est donc bien le caractère qui tend à devenir de plus en plus net à mesure que la malade hystérique s'affirme davantage.

L'hvstérie était autrefois considérée comme une maladie éminemment variable et protéiforme : M. Charcot a dû insister à plusieurs reprises pour montrer que la permanence des symptômes pendant des années était fréquente chez l'hystérique. Nous en arrivons aujourd'hui à penser que cette immobilité, si on tient compte de ces innombrables faits psychologiques qui tendent à tout transformer, est au contraire la règle. Pendant des années ce sont les mêmes attaques, les mêmes attitudes, les mêmes stigmates ; loin d'être trop changeante, l'hystérique n'est pas assez mobile, elle reste indéfiniment au même point de sa vie, en face de la même émotion, sans savoir s'adapter aux circonstances indéfiniment changeantes.

Cette dernière remarque nous conduit à l'étude d'un second caractère très important des idées fixes. « Ces idées ne sont pas conçues, inventées au moment où elles se formulent maintenant, elles ne sont que des répétitions. Ainsi la plus importante des halliiciiiîitioiis (jui tourmentaient Marcelle pendant l'attaque de nuage n'était que la reproduction exacte d'une scène qui avait eu lieu l'année précédente. Les idées fixes de mourir, de ne pas manger, sont la reproduction de certaines résolutions désespérées prises il v a quelques années. Autrefois ces idées avaient un sens, se rattachaient plus ou moins bien à quelque motif. Un dé-

LES ATÏAOUES 3i9

Sîspoir (rniiioiir- avait ('lé la cause de ses tentatives de suicide, elle refusait de inanj^or pour se laisser mourir de faim, etc. Aujourd'hui ces idées se rcjiroduisent sans lien entre elles et sans raison. Elle a complèlement oublié, je m'en suis convaincu, son ancien désespoir et n'a aucune envie de mourir. I/idée du suicide vient aujourd hui sans rapport avec la situation présente, et Marcelle se désespère à la pensée de ce suicide qui s'impose à elle comme un reste du passé. Elle ne sait pas pourquoi elle refuse de maniicr, les idées de suicide et de refus d'aliments se sont dissociées, l'une existe sans l'autre. Tantôt elle entend la voix «jui lui (lit: « Ne mange pas », et ne scnige pas ii mourii-, tantôt elle songe à se tuer et accepte cependant la nourriture. Toujours nous retrouvons dans les idées fixes ce caractère de répétition automatique du passé sans lien, sans logique actuelle'. » Il est iniilile d'insister pour prouver qu'il en était de même pour tous les autres cas, nous avons sans cesse montré comment l'accident lîystéri(jue reproduisait un ancien événement. INIM.Breuer et Freud exprimaient très bien l'idée (jue nous soutenons depuis longtemps en disant : « la cause provocatrice agit encore après des années, de même qu'une douleur morale conservée dans le souvenir provoque des larmes longtemps encore après l'événement L'hystérique souflVe surtout de réminiscences. «Die

Ilysterische leidet grossentheils an Reminiscenzen ^ »

Non seulement l'idée fixe ne demande pas d'attention ou d'effort intellectuel pour se développer, mais elle ne peut se développer que si l'attention et la volonté sont énormément réduites. Toute fatigue physique ou morale qui diminue la puissance de svnthèse psvchologique favorise ces accidents dus aux idées fixes. Quand Yel. est indisposé par une petite attaque de cholérine, il reprend son tic du nez qui avait disparu. Quand Lee. se dispute avec son mari, elle reprend sa choréc du côté droit. Maria est poursuivie [)ar l'idée déboire de l'éther au moment de ses règles et Justine est de nouveau en proie à l'idée du choléra, quand elle s'est fatiffuée à blanchir le linoe de la famille. Bien mieux cette remarque nous explique comment certaines idées fixes semblent éclore bien longtemps après l'accident provocateur. M. Guinon rapporte l'exemple d'une paraivsie hystérique survenue deux ans

I. Âl^oulie cl idéos fixes. Revue pliilosophique, iSiji, I, p. 27^. '2. lirouer cl l'Vcuil, op. cit., p. '4.

et demi après une chute'. Nous venons d'étudier lexemplo si curieux de Col., blesse dans un accident de chemin de fer. 11 reste bien portant et ne reproduit cet accident dans des crises caractéristiques que six ans plus tard, seulement t]uand des malheurs de Aimille et la mort subite de sa femme l'ont mis dans un état de dépression favorable au développement de l'idée fixe, inoculée depuis longtemps, mais restée latente.

C'est lii une opposition entre l'activité volontaire et le fonctionnement mécanique du cerveau ([ui a été depuis longtemps signalée par les psvchologues, en particulier par Maine de Biran, qui a été très bien comprise par Moreau (de Tours) sur (jui nous avons longuement insisté dans un précédent travail, par Macario, par Delasiauve, et par quelques autres aliénistes. Nous croyons avoir quelque peu précisé cette opposition qui était restée assez vague et avoir montré son importance dans un grand membre de phénomènes particuliers. C'est aussi de cette manière qu'il faut comprendre le rôle de cet épuisement physi(|ue qui semble dans quelques cas accompagner les idées fixes et sur lequel M. Féré h particulièrement insisté '. 11 intervient indirectement en diminuant l'activité volontaire et, par conséquent, en favorisant la répétition régulière des phénomènes anciens, des phénomènes automatiques. Ceux-ci, lorsqu'ils existent, tendent ii diminuer encore l'attention et la volonté, ils augmentent l'aboulie, l'amnésie continue, la distraction; mais cependant il n'ont pu grandir que grâce à une faiblesse préalable. C'est là un cercle vicieux pathologique des plus importants (jui joue un rôle essentiel dans la pathologie des idées lixes.

Les caractères précédents ne sont pas propres aux idées fixes des hvstériques, ils se retrouvent plus ou moins nets dans la plupart des phénomènes de l'automatisme psychologique, au cours de toutes les maladies mentales. Les idées fixes prennent-elles un caractère un peu particulier f[uand elles se développent chez des hystériques ?

On a vu que le plus souvent le malade ignorait le rêve qui déterminait les hyperesthésies ou les contractures, il paraît mieux connaître le rêve qui détermine l'attaque, puisqu'il l'exprime par des attitudes et des paroles. En réalité, le caractère est resté le

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