l'éré, Palliolo'jie des émotions, p
LES ATTAQUES .1«l
même. Le malade se réveille do l'attaque avec un souvenir très confus ou même sans aucun souvenir de ses rêves, si on prend la précaution d'allciulre quelques minutes avant de rinterrogcr ; cet oubli est de plus en plus net et pi-ofoiul à mesuie (|ue la maladie se caractérise".
1) un coté comme de l'autre, les id(''es fixes sont restées en dehors de la conscience normale, tantôt elles se développent siiiuillaiiénient au-dessous de cette conscience, tanlùt elles se développent dans un état nerveux qui remplace la conscience ordinaire et(|ui alterne avec elle. Si quehjuefois une idée obsédante, une hallucination paraît être bien connue par le sujet, elle dépend le plus souvent d'un rêve plus compIi(jué qu'il ignore.
Tant que les préoccupations, les obsessions restent entièrement conscientes, elles n'ont pas encore constitué un accident hvstéri- (|ue propi'cment dit. Un jeune homme de i5 ans, (iirb, voit un individu en proie à une crise nerveuse, et il s'empresse de le secourir, mais le malade dans ses contorsions s'accroche à lui et lui mord la jambe. Girb, très ému s'éloigne du convulsionnaire et renonce à le soigner. Voici ce jeune homme qui reste préoccupé, et les jours suivants, au lieu d'aller à son travail, il se met à la recherche de ce malade (( afin de savoir, dit-il, pourqu(»i il m'a mordu, s'il l'a fait exprès, pourquoi il m'a rendu le mal pour le bien ». Il ne retrouve pas son convulsionnaire et s'acharne à sa recherche, il ne mange plus et ne dort plus, toujours obsédé d'une manière assez consciente par cette idée de morsure. Trois mois après, à la suite d'une querelle il tombe en convulsions et alors pendant une attaque, saute de tous certes et cherche à mordre les assistants. Au réveil il ne se souvient pas des extravagances qu'il a commises, ni des soins qu'il a reçus. A partir de ce moment, il a des attaques semblables tous les deux jours, mais il n'est plus aucunement obsédé par la pensée de l'homme qui mordait, il n'y pense plus jamais. L'idée fixe d'abord consciente a formé une attaque hystérique et reste maintenant au-dessous du seuil de la conscience. Il est vrai que dans certains cas, assez rares, l'idée fixe restée pendant quelque temps subconsciente peut envahir de nouveau la conscience, elle donne naissance à des délires qui seront étudiés plus tard. Mais ce sont là des acciilents rares qui sortent presque des limites de 1 hystérie.
i. Cliarcol. op. cit.. III, p. 'iôy.
:ioi ACCIDENTS MENTAUX DES HYSTÉRIQUES
Enfui ce caractère subconscient des idées iixes chez les hystériques joue un grand rAle dans hi thérapeutique de ces alVeclions. J'ai bien souvent montré autrefois qu'il fallait aller pour ainsi dire à la recherche de ces phénomènes subscoucienls pour les attaquer etqu on ne j)ou\ait pas traiter laecident hystérique ayant d av(»ir atteint ces couches profondes de la pensée dans les(juclles se dissimulait l'idée fixe. Je suis heureux de voir aujourd'hui MM. Hreiier et Freud exprimer la même idée. « 11 iaut, disentils, rendre conscient cet événement provocateur, l'amener à la pleine lumière, les accidents disparaissent quand le sujet se rendra compte de ses idées fixes'. » Je ne crois pas que la guérison soit aussi facile et qu'il suffise de faire exprimer l'idée fixe pour l'enlever, le traitement est malheureusement bien plus délicat, mais en- tout cas, il est certain que cette découverte des phénomènes subconscients est une opération préliminaire et indispensable.
En un mot, les idées fixes des hystériques présentent au plus haut degré les caractères de l'automatisme psychologique, la régularité, la répétition du passé et la subconscience. Ce sont les mêmes caractères qui avaient déjà été constatés dans les suggestions : les idées fixes sont des phénomènes du môme genre qui se développent de la même manière chez ces esprits dont la synthèse est affaiblie. Les unes et les autres indiquent une division des phénomènes de conscience qui va se manifester complètement dans les somnambulismes.