I. ^tiij maies mentaux des hyslcrujues, p. f
LES SOMNAMI'.I I.ISMES 373
sition existe plus du moins chez tous les hommes ; miiis un individu normal peut, par un oU'ort daltention, sortir du groupe des souvenirs éveillés nïéeani(|uoment |>ar la situation on il se trouve, un hystérique ne le peut pas sans aide. Si nons eonsiderons nos somnainhules ii idée li\e, nous nous souvenons (pie, chez eux, les idées (i\es étaient déjà subconscientes, isolées en dehors de la perception personnelle. Ces idées fixes sont envahissantes, elles deviennent un centre autour duquel se groupent un nrrand nombre de laits psveholof^iipies étranj^ers en apparence à cette idée. Kah.., dont nous avons déjà pailé, a un rêve subconscient relatif ;i une tentative de \iol ; elle pousse des cris, saute hors de son lit et se sauve dans le jartlin. (!e sont la fies actes en rapport avec l'idée fixe et n()us comprenons (pi ils soient oubliés comme elle. Mais, en se sauvant dans le jardin, elle rencontre une brouette, la regarde, se laisse suggestionner par ce spectacle et se met à transporter du sable. Kh bien, ce transport de sable est associé avec l'idée fixe du viol. .\n réveil, elle ne se souvient pas plus de lun (|ue de l'autre, et il faut la remclti-e dans son rêve de viol pour (pi'elle retrouve le souvenir de la brouette. Nous avons déjà signalé de ces états envahissants (pii enlèvent au sujet le souvenir des actes précédant le somnainJ)ulisme ' ; nous vovons ici qu'ils enlèvent la mémoire des actes qui suivent I idée fixe. Le caractère subconscient des idées fixes est ici le point de départ du somnambulisme et de l'amnésie consécutive. 11 est facile de comprendre que, dans tous les cas, l'oubli au réveil n'est pas égal ni aussi profond, (^elui qui dépend dune modification grave de la sensibilité est bien plus sérieux que celui qui dépend d un rêve subconscient, 1 attention, les elTorts du sujet modifient plus facilement le second que le premier.
Quant à l'hémi-somnambulisme. il n'est également tpi une complication de ces sensations, de ces idées subconscientes dont nous avons si fréquemment constaté l'importance. Ces phénomènes subconscients seniblent ne plus rester isolés; ils se groupent, s'agrègent ensemble, se complètent en ravissant des phénomènesqui faisaient d ordinaire partie de la perception normale, et cet ensemble a l'apparence d'une personnalité plus ou moins complète ; c'est une nouvelle forme d'existence psychologique,
I. Cf. Pitres, op. cit., II, p. iqS. cl Stigmates mentaux. \>. ()('i.
iu»u pas alternante avec la première, mais simultanée et (jiii se cléveh»ppe en même temps (ju'eile.
Ce fait de la combinaisun, de l'association de tt»us ces phénomènes subconscients les uns avec les autres, est très général, c'est lui qui permet aux diirérents états somnambuli(jues d'un même sujet de se grouper ensemble, de se compléter mutuellement et de former toute une existence psychologique parallèle a la première. On constate souvent dans les somnambulismes non seulement le souvenir des sonuiandxilismes précédents, mais
FiG. II,
encore le souvenir des actes subconscients de la veille et même de rhémi-s<jmnambulisme ; récipro(|u<'ment l'écriture automatique d'un sujet manisfeste le souvenir et des autres actes subconscients et des somnambulismes complets'. C'est ce que nous avions essayé de résumer autrefois dans un schéma qui avec peu de modifications s'applique exactement à beaucoup de malades
Les faits précédents vont encore se préciser si on les rapproche des phénomènes observés au début des somnambulismes. Comment les malades entrent-ils dans l'état somnambulique ? De deux manières différentes qui mettent toutes deux en évidence le même fait psychologique.
i" Le somnambulisme débute souvent pendant le sommeil nor-