‹ L'état mental des hystériquesChapitre 166 sur 290 · Gilles do la Tonrelte, op. cit., p. !i(j · texte numérisé non relu

Gilles do la Tonrelte, op. cit., p. !i(j

p;T des animaux, examine ses bras ponr v chercher les traces des morsures qu'il croit avoir subies'. M. Colin rapporte aussi le cas d'un individu ([ui se mord lui-même ;j la main, puis ne peut le croire et, pensant qu'il a été mordu par un chien enragé, va chez M. Pasteur^ Beaucoup de malades l'ont ainsi des actes absurdes a la suite d'une attaque ou d'un rêve. Maria va ii la Mor^ruc et M'"*" D... veut absolument entrer a ramjihitheàtre parce (lu'elles ont rêvé au suicide. Ce ne sont encori- l;i (jue îles actes isolés mais déjà déraisonnables.

Les choses s'aggravent quand nous constatons une modilication générale de l'état moial, des sentiments et de la co-nesthésie. Certains malades ont des tristesses, des états mélancoliques qu'ils ne peuvent expliquer et qui résultent des idées fixes, ^'oici un lait qui n'est pas absolument spontané mais qui est très net. J'avais provoqué le somnambulisme chez M""" D... pour cheicher à modifier l'une de ses idées fixes ; la résistance de la malade lut très grande et pour la vaincre, je fis semblant de me lâcher et je déclarait» M"'"'D... que je ne voulais plus m'occuper d'elle. Cette petite scène eut au premier abord un bon résultat, car la malade devint plus docile, et quand je la réveillais elle paraissait absolument calme. Trois jours après j'apprends que M"" D... est, depuis que je lai vue, complètement changée; elle pleure constamment, gémit, se sent dans un état d'angoisse et quand on veut la consoler elle répond: « Mais qu'est-ce que j'ai donc? Je suis désespérée comme s'il m'était arrivé un malheur, comme si j'avais commis un ciime ; qu'est-ce qu'il m'est donc arrivé? Il suffit de la rendornjir pour constater le rôle que jouait dans ce désespoir le souvenir subconscient de la scène précédente, la réconciliation pendant le somnambulisme suffit pour faire tout disparaître. Des laits de ce genre se produisent bien souvent naturellement : c'est le souvenir de sa femme qui produit, sans qu'il s'en doute, la tristesse et même le mutisme de Pasq..., c'est le souvenir obsédant de sa mère qui provoque les désespoirs de Berthe ; j'ai déjà, en parlant des idées fixes, fait allusion aux remords d'Isabelle. Quand M. Charcot nous décrit un hystérique traumatisé « morne, presque stupide^ 'NJ^ suis disposé à croire qu'il s'agit d'un fait

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